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  • 2026-07-25 10:08:11 +0000 UTC

    Jul 25, 2026

    En Libye, sécheresse et divisions politiques entravent l’approvisionnement en eau

    Alors que la Libye est toujours en proie à des tensions politiques et géopolitiques depuis la chute du régime de Muammar Kadhafi en 2011, les enjeux climatiques viennent s’ajouter à la fragilité du pays, note le journal libanais arabophone Annahar.

    Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) considère en effet la Libye comme l’un des pays du Maghreb les plus exposés au stress hydrique : depuis des décennies, la quasi-totalité de ses besoins en eau sont puisés dans des nappes souterraines non renouvelables, laissant craindre de fréquentes pénuries dans les années à venir. Le ciel est par ailleurs avare en précipitations, avec moins 100 millimètres de pluie par an sur 93 % de la surface du pays.

    Dépendance à la “grande rivière artificielle”

    Début juillet, la direction de la “grande rivière artificielle” libyenne, créée à la fin des années 1980 à l’initiative du “Guide de la révolution” pour exploiter intensivement une nappe phréatique découverte en plein désert, a annoncé avoir atteint une production record de 1 million de mètres cubes d’eau. Une première depuis 2011, rapporte le site d’information anglophone Libya Herald.

    Les habitants des villes du Nord, et notamment ceux de la capitale, Tripoli, sont dépendants de cette eau souterraine non renouvelable, rappelle le média panarabe Al-Araby Al-Jadeed. Elle est utilisée pour les besoins quotidiens, tandis que, pour boire, les Libyens doivent acheter de l’eau en bouteille, “en raison du manque de confiance dans la qualité de l’eau fournie par le réseau”.

    Climatiques

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    Mais cette précieuse ressource, qui alimente une large partie du territoire libyen en eau, est menacée par de nombreux raccordements illégaux sur les conduites, ce qui a amené l’Autorité de la grande rivière artificielle à lancer une campagne pour les supprimer, écrit le Libya Observer.

    Interrogé par Al-Araby Al-Jadeed, l’ingénieur agronome Mabrouk Abdel-Daïm estime qu’il faut mettre fin à cette dépendance totale à la grande rivière artificielle et “réhabiliter des stations de dessalement [de l’eau de mer] réparties le long du littoral et à l’arrêt depuis plusieurs années”. Pour Abdallah Al-Alwani, professeur d’agriculture à l’université de Benghazi sollicité par Annahar, le pays doit “investir dans le recyclage et le traitement des eaux et moderniser ses techniques d’irrigation”.

    Hausse des importations de céréales

    Mais les divisions politiques et la partition de la Libye entre deux gouvernements rivaux depuis la chute de Kadhafi rendent difficile tout programme d’ampleur, aggravant la crise des ressources hydriques. En l’absence de législation réellement dissuasive contre l’abattage des arbres et l’arrachage des plantes, le désert gagne du terrain, aidé par une urbanisation anarchique, qui se fait au détriment des rares terres arables (1 % du territoire national).

    Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture des Nations unies (FAO), les sécheresses des mois d’octobre et novembre 2025 ont entraîné “une réduction des superficies cultivées dans la plupart des régions du pays” et une baisse de la production céréalière de 20 % en 2026 par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, rapporte le journal libyen Al-Wasat. Résultat : l’organisation onusienne estime que 3,3 millions de tonnes de céréales vont devoir être importées pour cette saison agricole, soit une hausse d’environ 7 % par rapport à la moyenne.

    2026-07-25 10:08:11 +0000 UTC