En Gironde, la météo perturbe les efforts des pompiers face aux incendies
France 28/07/2026 10:27 Actualisé le 28/07/2026 12:33
Les vents secs annoncés ces prochaines heures, combinés à des températures très élevées, ne vont pas aider les sapeurs-pompiers.

ALAIN JOCARD / AFP
Des pompiers éteignant les feux dans une forêt près de Marcheprime, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux (Gironde), le 27 juillet 2026.
Les journées de ce mardi 28 juillet et du mercredi 29 sont particulièrement redoutées en Gironde, où le mégafeu a déjà ravagé 42 000 hectares. La hausse attendue des températures - jusqu’à 41 °C localement mercredi - fait craindre une nouvelle aggravation.
La nuit de lundi à mardi, elle, a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du cap Ferret, mais celles-ci « sont sous contrôle », selon la préfecture, qui souligne que « la surface brûlée n’a pas évolué ».
Malgré tout, des pompiers font remonter de premières difficultés durant cette nuit. « On a été sur le terrain pour faire une tentative de brûlage tactique sur des zones (...) [pouvant] être sujet à un point de bascule, notamment sur une zone qui permettrait de faire ralentir l’avancée du feu. (Mais) on s’est aperçu que vers 4, 5 heures du matin, cette option de feu tactique n’a pas été pour autant favorable, puisque dès lors qu’on a vu que les conditions météorologiques étaient défavorables, avec un vent qui risquait de reprendre, la mise en manœuvre de cette opération a été avortée », a expliqué tôt ce mardi au micro de BFMTV Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
« Nous sommes encore sur un point de fragilité, de bascule ; une balance entre cette zone qui doit être verrouillée au niveau de Marcheprime, qui permettrait justement de pouvoir contenir le feu et ne pas qu’il passe au-delà de l’A63 », a ajouté le sapeur-pompier.
« Nous allons continuer à pilonner ce feu, et faire en sorte que malgré les hausses de températures qui sont annoncées, de toujours maintenir une concentration maximale et d’avoir des points de vigilance avec l’ensemble des dispositifs prépositionnés et réadaptés en fonction justement des phénomènes thermiques qu’on risque d’avoir, plus un vent qui devrait être contraignant pour les sapeurs-pompiers toute la journée », a conclu Éric Brocardi.
Un taux d’hygrométrie qui devrait passer sous les 30 %
Les vents sont en effet annoncés un peu moins forts mais plus secs ces deux prochains jours, ce qui risque d’attiser à nouveau le brasier, comme l’explique plus en détail sur BFMTV le lieutenant-colonel Olivier Chavatte, commandant de secteur du SDIS de Gironde. « On va se retrouver aujourd’hui encore dans des conditions extrêmement défavorables, avec une hygrométrie (la sécheresse de l’air, ndlr) qui en fin d’après-midi va être sous les 30 % (...), donc même si on a un vent qui n’est pas extrêmement fort, on a un sol et des végétaux qui sont tellement secs, qu’on a une inflammation instantanée », a-t-il expliqué.
L’hygrométrie permet de mesurer la quantité de vapeur d’eau dans l’air, exprimée en pourcentage d’humidité relative. Le taux généralement acceptable en extérieur pour le confort humain se situe entre 40 et 60 %.
La crainte pour ce mardi, c’est le retour de la chaleur et un taux d’humidité « qui ne va pas être favorable » aux sapeurs-pompiers, avec aussi un vent qui « va tourner à l’Est » dans l’après-midi, a appuyé ce mardi matin sur franceinfo le capitaine Wilfried Schneider, officier de communication du SDIS Gironde. « Ça va être une fois de plus, comme tous les jours précédents, jusqu’à ce qu’on fixe le feu, une journée décisive », envisage-t-il.
Rappelons que les forêts s’enflamment d’autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
Depuis le début de l’incendie au nord du bassin d’Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.