Reportage international - En Corée du Sud, la géolocalisation pour freiner l'explosion des cas de harcèlement

À Séoul, face au phénomène de harcèlement qui s'intensifie, les agresseurs connus des autorités sont surveillés et géolocalisés. Lorsqu'ils s'approchent à moins de 2 km d'une victime, une alerte est déclenchée.

De notre correspondant à Séoul,

Au Centre de surveillance numérique du ministère de la Justice, un écran géant traque en permanence la position des victimes et des agresseurs déjà connus des autorités. Yoon Hyun-bong, son directeur, présente le fonctionnement de ce système de surveillance : « Ici, c'est la victime, là, l'agresseur. On constate que l'agresseur et la victime se rapprochent de plus en plus, une première alerte est donnée à 2 km de distance mais l'agresseur continue de se rapprocher, montre-t-il, ce qui conduit au déploiement de l'agence de probation pour protéger la victime lorsque la distance est de moins d'un kilomètre. »

Le dispositif fait suite à plusieurs féminicides retentissants, notamment celui d'une femme poignardée en mars par un homme porteur d'un bracelet. Le ministère de la Justice savait où il se trouvait, mais la police en charge du dossier l'ignorait. Un échec des administrations que tente de corriger ce dispositif.

Aujourd'hui, plus de 5 000 porteurs de bracelets sont surveillés et 19 000 alertes sont envoyées chaque jour. En cas d'alerte, un membre du centre de contrôle de géolocalisation contacte l'agence de probation pour qu'ils se rendent sur place. 

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Près de 45 000 cas de harcèlement en 2025

Les signalements pour harcèlement ont triplé en quatre ans, atteignant près de 45 000 cas en 2025, dont 80% des victimes sont des femmes. Cela fait donc beaucoup d'agresseurs à surveiller pour les services du ministère de la Justice. « Aujourd'hui, nous gérons environ 5 300 personnes, et ce chiffre continue d'augmenter car nous l'étendons également aux auteurs de violences conjugales, explique Kang Shin-won, chef de l'équipe de surveillance. Côté effectifs, le nombre de personnes suivies a été multiplié par plus de 30, mais le nombre de nos agents n'a pas augmenté dans les mêmes proportions : chaque agent gère actuellement un peu plus de 20 personnes en moyenne pour la surveillance électronique standard. »

Malgré le manque d'effectif, le système de surveillance semble montrer ses preuves. Depuis sa mise en place au mois de juin, le taux de récidive est passé de 14 % à 0,7 %.

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