Elena Rybakina, à propos de son accession à la première place mondiale : « Une réussite formidable, mais il reste tellement de choses à faire... »
« Quelle a été l'importance de la discussion avec votre entraîneur à la fin du premier set pour renverser la dynamique du match, et de quoi avez-vous parlé ?
J'étais plutôt négative et je n'avais pas bien entamé la première manche, donc je dirais que je suis venue le voir en évacuant un peu mes émotions et en disant tout ce qui me passait par la tête. Il m'a simplement maintenue concentrée et a essayé de me rappeler ce dont nous avions discuté avant le match, ce que je devais faire. Au premier set, j'ai aussi manqué d'énergie par moments, en étant trop passive, tandis que dans le deuxième, j'ai su rentrer dans le court et me montrer un peu plus agressive dans les moments clés.
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Êtes-vous réellement aussi calme que vous en avez l'air sur le court ?
Non, il se passe énormément de choses à l'intérieur, bien sûr. Les gens qui me connaissent bien et depuis assez longtemps décèlent même les infimes changements sur mon visage. Comme je l'ai dit, c'était une vraie bataille intérieure, avec beaucoup d'émotions. Oui, c'était assez négatif au début, mais j'ai fini par trouver la bonne direction. J'ai retrouvé ma concentration et les choses se sont améliorées. Mais c'est certain, il y a toujours énormément d'agitation en moi.
Avez-vous ressenti cette tension dès l'entraînement du matin ?
À l'entraînement, je me sentais plutôt bien, mais dès qu'on a commencé à jouer, je n'ai pas senti la balle aussi bien que lors de mon match précédent. Par exemple, en huitièmes de finale, tout rentrait, c'était une sensation formidable. Aujourd'hui, j'ai eu du mal à trouver mon point de contact. Il y avait le soleil, les ombres. Parfois, je réagissais trop tard sur la balle, surtout en retour, donc beaucoup de petits détails de ce genre. Dans ces cas-là, au lieu de vous focaliser sur ce que vous devez faire ensuite, votre tête se bloque sur ces détails, ce qui vous empêche de jouer libérée.
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Qu'est-ce que cela représente pour vous de savoir que vous serez numéro un au classement lundi ?
Eh bien, cela représente beaucoup, bien sûr, mais comme je le disais sur le court, je n'y pense pas tant que ça. C'est une réussite formidable, mais j'ai l'impression qu'on l'apprécie et qu'on y réfléchit encore plus une fois que notre carrière est terminée. En attendant, il faut continuer d'avancer et c'est agréable, quand tout est fini, de se dire : "OK, j'ai gagné ces tournois, j'ai été numéro un". C'est incroyable, mais on ne sait jamais combien de temps on va y rester. Il reste tellement de choses à faire. Je veux encore gagner des tournois, donc toute mon attention est tournée vers le prochain match.
« C'est historique et je suis très fière de représenter le Kazakhstan »
Était-ce un objectif auquel vous pensiez quand vous étiez petite ?
Non. Quand j'étais enfant, je n'aurais jamais pensé devenir professionnelle ni même jouer dans ce genre de tournois sur les plus grandes scènes. Mon choix de passer professionnelle s'est fait à 17 ans, et c'est là que j'ai cru en mes capacités. Bien sûr, je ne savais pas jusqu'où je pourrais aller. Mais oui, gamine, je profitais juste de jouer au tennis après l'école avec mes amis pour le plaisir.
Avez-vous une idée des retombées attendues au Kazakhstan ?
C'est historique et je suis très fière de représenter le Kazakhstan. Chaque fois que j'y retourne, peu importe la ville, il y a toujours énormément d'enfants. Maintenant, ils jouent au tennis et de plus en plus de jeunes viennent dans les infrastructures. C'est tout simplement incroyable de voir combien de jeunes s'inspirent de vous et cela prouve simplement que tout est possible si l'on y croit et si l'on travaille dur. C'est difficile pour moi de me prononcer pour l'instant, car je n'ai même pas regardé mon téléphone, mais beaucoup de gens m'envoient des félicitations.
Ce nouveau statut de numéro un est-il comparable avec vos titres en Grand Chelem ?
C'est une réussite différente. J'ai l'impression qu'on court d'abord après les titres, et que le classement peut suivre... ou pas, selon les résultats des autres. Mais au bout du compte, on pense surtout aux trophées, et je suis contente d'en avoir deux pour l'instant. Je fais de mon mieux pour gagner ici. Si ce n'est pas le cas, j'aurai bien sûr d'autres occasions. Sinon, j'ai le sentiment qu'on ne prend vraiment la pleine mesure de tous ses résultats et accomplissements qu'un peu plus tard avec le recul, et non au moment même où tout se produit. »