Éducation. Pourquoi Singapour donne de l'argent à tous ceux qui lisent pendant quinze minutes
Lisez quinze minutes sur un site gouvernemental et vous serez payé 20 pièces virtuelles. Tel est le marché audacieux proposé par la cité-État de Singapour le 6 septembre dernier dans le cadre d'une expérimentation. Objectif : faire lire davantage les Singapouriens, jeunes et moins jeunes, rapporte The Straits Times.
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Côté compréhension de l'écrit, comme l'indique le classement PISA de 2026, Singapour est première sur 91 pays. Ledit classement évalue la capacité à identifier l'idée centrale d'un texte et y repérer des informations. Au cours de l'examen, 86 % des élèves singapouriens de plus de 15 ans ont atteint le niveau 2 ou plus pour un score total de 535. Un bon score. La cité-État cherche encore à l'améliorer.
Une expérimentation de quatre mois
L'expérimentation s'adresse aux élèves mais pas seulement. Pilotée par le Conseil des bibliothèques de la ville, elle courra jusqu'au 31 décembre. Au fil des semaines, elle évoluera au gré des résultats d'une analyse conduite par le Conseil. En tout, 150 000 lecteurs quotidiens sont attendus.
Clairement, l'intérêt pécuniaire ne peut pas, à lui seul, attirer les foules : 750 minutes de lecture, soit 12 heures et 30 minutes en tout, sont nécessaires pour obtenir un dollar singapourien. Soit 68 centimes d'euro. L'intérêt est ailleurs : encourager l'esprit critique, l'imagination et l'empathie, à une heure où les écrans et les réseaux sociaux règnent en maîtres. D'après un sondage, 29 % des élèves singapouriens font état de la distraction induite par des appareils numériques pendant les cours.
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Pour gommer les troubles de l'attention, la lecture s'impose comme un bienfait. La régularité de l'activité peut payer. « Nous savons que les habitudes se construisent grâce à des actions simples et régulières. Nous commençons donc par un objectif modeste : lire 15 minutes par jour. Que ce soit dans le bus, avant de se coucher ou pendant la pause repas », explique la directrice du Conseil national des bibliothèques, Melissa Tam, en lutte contre le doomscrolling, cette habitude qui consiste à faire défiler sans fin des informations anxiogènes.
Et dans les autres pays ?
Singapour cumule 535 points, la moyenne de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) s'élève à 463 points. Et la France ? 456. Au Japon, classé quatrième en termes d'écrits par PISA, on trouve des livres en libre accès dans les trains ou dans les cafés. En Corée du Sud, certains espaces dans les parcs et au bord des rivières sont aménagés pour la lecture. Le pays est classé cinquième.