École : La même formation pour tous les élèves jusqu'à 15 ans ? C'est une idée validée par les recherches
Le “Pacte d’Excellence” visait à construire une école plus ambitieuse pour tous, et plus longtemps, en permettant une orientation vers les filières basée sur le projet personnel de l’élève plutôt que sur l’échec scolaire (la “relégation”).
Vincent Dupriez, de l'UCLouvain, souligne la cohérence du projet. “Malgré les problèmes d’implémentation actuels, la réforme du tronc commun, issue de longues réflexions et consultations, portait une cohérence et une dimension culturelle et axiologique claire : celle d’une école qui se soucie mieux de tous, sans pénaliser les plus avancés.” Elsa Roland (psychopédagogue de l'U-Namur) le résume bien : un système égalitaire n’a rien d’incompatible avec ce qu’on appelle la “performance” — même si le terme mérite d’être interrogé.
Le Pacte d’Excellence en 5 idées reçuesLa recherche montre de manière solide et consensuelle qu’un tronc commun prolongé diminue les inégalités sociales à l’école. “En gardant les élèves ensemble plus longtemps avec un programme ambitieux, l’école a plus de temps pour compenser les différences familiales”, explique Vincent Dupriez. “Cette approche rend les performances des élèves moins dépendantes de leur origine sociale. La séparation en filières se fonde alors davantage sur un choix personnel de l’élève plutôt que sur la pression familiale ou les difficultés précoces.” Le regroupement des élèves en difficulté (ceux qui n’avaient pas obtenu leur CEB) dans des classes spécifiques a prouvé son inefficacité ; la recherche indique qu'il “accroît les écarts plutôt que de permettre un rattrapage.
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Sauf que cela complexifie le métier d’enseignant; L’hétérogénéité des classes augmente les exigences pédagogiques ; l’école doit s’adapter à un environnement social, des élèves et des familles qui ont profondément changé. “Le métier d’enseignant est confronté à une société qui cherche la “satisfaction immédiate”, contrastant avec l’exigence des études”, souligne Vincent Dupriez. Les pays ayant un tronc commun long (comme les pays scandinaves) investissent massivement dans des dispositifs de soutien pédagogique (diagnostiquer les difficultés, soutenir les élèves, remédiation) et adoptes des approches différenciées à travers des activités variées.
“Ce qui se passe aujourd’hui, c’est une incompréhension totale des décisions politiques qui sont à l’opposé des recherches dans le domaine et de la transformation qui avait été concertée. On revient à de l’élitisme et à de l’inégalitaire. Cela ne permet pas d’avoir du sens”, poursuit Vincent Dupriez. Le psycho pédagogue de l’U-Mons Bruno Humbeeck renchérit. “L’élitisme est une catastrophe. Le but est d’accompagner pour que personne ne soit en échec. La pédagogie doit rester un acte collectif mais en même temps toujours différencié, adapté, individualisé. ”
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