Écaussinnes: simple déclaration de culpabilité pour un coup ayant entraîné la mort en août 2020
Près de six ans après les faits, le tribunal correctionnel a rendu son jugement dans le dossier du décès de Zacharie, 72 ans. Poursuivi pour des coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner, Michel (prénom d'emprunt) a bénéficié d'une simple déclaration de culpabilité, les juges estimant que le dépassement du délai raisonnable justifiait de ne prononcer aucune peine.
Les faits remontent au 21 août 2020. Ce jour-là, Michel se trouve sur une place publique d'Écaussinnes avec ses enfants lorsqu'il croise sa marraine devant un café. Zacharie, alors âgé de 71 ans, quitte l'établissement. Fortement alcoolisé (ndlr :son taux d'alcool dépassait trois grammes par litre de sang), il s'approche du groupe.
En pleine crise sanitaire, le septuagénaire porte mal son masque et touche les cheveux des enfants de Michel. Une altercation éclate. Au cours de celle-ci, Zacharie chute lourdement et l'arrière de son crâne percute une bordure.
Hospitalisé, il ne retrouvera jamais son état de santé. Son état neurologique se dégrade progressivement jusqu'à son décès, le 19 mars 2021.
Rapport tardif
Un rapport de médecine légale, déposé en août 2025, établit un lien direct entre le traumatisme crânien subi lors de la chute et le décès. Selon l'expert, la dégradation neurologique provoquée par le choc a entraîné des complications infectieuses, principalement pulmonaires, à l'origine de la mort.
Identifié comme l'auteur des violences, Michel a été renvoyé devant le tribunal pour coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
À l'audience, le prévenu a reconnu avoir repoussé la victime en posant ses deux mains sur son torse. Il a en revanche contesté lui avoir porté un coup de poing au visage, contrairement à ce qu'ont affirmé plusieurs témoins.
La Louvière: condamné à 8 ans par défaut, l'auteur de l'incendie obtient finalement 5 ans avec sursisPour le fils de la victime, Me Radelet a dénoncé "les errements du système judiciaire", regrettant qu'il ait fallu près de six ans pour que le dossier soit examiné. Le ministère public a lui aussi souligné ce délai anormalement long tout en réclamant une peine de six ans de prison.
La défense avait plaidé la légitime défense, à titre subsidiaire la provocation, en insistant sur l'absence d'intention criminelle.
Aucune cause d'excuse
Le tribunal n'a retenu aucune de ces causes d'excuse. Les juges ont estimé qu'il n'était pas démontré que Michel avait été victime d'une agression grave, injuste et actuelle à laquelle il aurait répondu de manière nécessaire et proportionnée. L'excuse de provocation a également été écartée.
En revanche, le tribunal a relevé que la victime, âgée de plus de 70 ans et en état d'ébriété, se trouvait dans une situation de vulnérabilité au moment des faits.
S'il a déclaré Michel coupable, le tribunal a toutefois considéré que celui-ci avait bénéficié d'un délai anormalement long avant d'être jugé. En conséquence, il a prononcé une simple déclaration de culpabilité, sans infliger de peine.