Dust Festival : une centaine de pilotes défie la boue à mobylette, "piloter on sait faire, pas mécaniquer !"

"Si je dois décrire le mobcross, je dirais plein de débiles qui se rejoignent avec des mobylettes, pour faire des tours à mobylettes, et avoir des problèmes mécaniques. Et avec un peu de chance, boire une bière après" sourit Pierre, mécano de l'équipe des Dirty Males, en difficulté ce vendredi, lors du Dust Mobcross, challenge d'endurance de 5 heures à mobylette. L'équipe française, venue de Cannes, a passé plus de temps dans les paddocks que sur la selle de leur magnifique Peugeot 101. "Ça doit être la plus vieille sur le circuit, elle date de 71. On vient de mettre un nouveau carbu, on verra si elle tient le coup" souligne Jonathan, son comparse, en combi de pilote, impatient de serrer à nouveau les gaz.

dust festival mobcross 2026 into the dust
©EDA

Du stock-car à la mopette

Ils sont plus d'une centaine à défier à coups de pneumatiques la colle qui couvre le terrain argileux de Florée, lieu et place de la quatrième édition du Dust festival. Ce festival de deux jours assume une ambiance à la Mad Max, où santiags et chapeaux ombrés côtoient les odeurs d'essence, les pétarades des pots d'échappements, la chaleur des capots. "Les années précédentes, nous organisions une course de stock-cars. Mais au fil des éditions, on a remarqué que l'ambiance était moins familiale, qu'il y avait de plus en plus de compétitivité chez les gens" décrit Martin Vekemans, l'un des organisateurs du festival.

D'où l'idée de troquer les stock-cars par des deux roues, soit de vieilles mobylettes, 50cc maximum. En cinq heures, les participants au Dust mobcross doivent effectuer un maximum de tours endéans un délai de cinq heures. "Il y a un tour facile et un tour difficile. Pour obtenir du carburant, ils doivent gagner des points en faisant le tour difficile. Les mobylettes plus puissantes, qui consomment plus, sont contraintes de s'engager davantage sur le tour difficile" continue Martin Vekemans.

dust festival mobcross 2026 into the dust
©EDA

La formule à deux roues a remporté un franc succès hors des frontières. Ce vendredi, les paddocks étaient garnis d'écuries venues d'Italie, du Portugal, de Hollande, ou encore, Franco-belge. "On devait faire la course à deux, on a rencontré Louka et son pote hier, à la soirée d'ouverture. On leur a proposé de venir avec nous, heureusement ! Ils sont trop forts", commente Mattéo, de Villers-la-Ville. Son partenaire Louka, Parisien et le visage couvert d'argile, s'éclate : "Le terrain, il est horrible, ça colle. Il n'y a pas trop de poussière là, ce n'est pas le Dust Festival, mais Into the Boue. Mais c'est trop de plaisir, on kiffe là !"

La boue, et alors ?

Quelque trente minutes avant le lâcher de drapeau et le départ officiel des cinq heures à mobylette, une cellule orageuse a fouetté la plaine du Dust Festival. Le champ agricole, aménagé en circuit de mobylette, s'est couvert d'une épaisse couche de boue. Le tracé est devenu technique, collant. Lors des relais, les pit stops, les équipes nettoient les roulements couverts de boue avec des couteaux à tapisser. "Au début, c'était de la gadoue fine, ça roulait bien. Mais après une heure, ça sèche, c'est devenu collant, la roue arrière bloque tout le temps" commente Mathias, Bruxellois, meilleur sur la piste que dans le pit box." On n'a fait aucune chute. Piloter, on sait faire, mécaniquer, on ne sait pas."

La boue n'a pas refroidi les participants. Au contraire. Elle a permis de fertiliser les pulsions festives pour la suite du programme, les concerts en soirée. "Les gens étaient couverts de boue, mais chauds pour la soirée. Les groupes sur scène nous ont dit qu'ils n'avaient jamais fait une ouverture de festival avec un public aussi chaud. Ils avaient l'impression d'être en fin de soirée ! Cela confirme notre intuition, qu'il faut d'abord organiser des activités entre les gens, dans une bonne ambiance, permettre la rencontre, avant de passer à la musique", conclut Martin Vekemans.

Dust festival ou Mud festival, qu'importe, tant que ça roule.

dust festival mobcross 2026 into the dust
©EDA

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.