Ducasse d'Ath : le jeune David a terrassé le géant Goliath - RTBF Actus
Cette année, le rôle de David était confié à Tom Dubois, âgé de huit ans. Après le traditionnel "bonimée", le dialogue qui précède le combat entre les deux adversaires, le jeune garçon s’est élancé pour affronter Goliath devant une Grand-Place attendue, comme chaque année, noire de monde. Un moment particulièrement symbolique d’une fête dont les origines remontent à plus d’un demi-millénaire.
Cette édition de la Ducasse avait également une dimension particulière pour Xavier Nys. Le doyen d’Ath vivait en effet ses dernières vêpres dans cette fonction. Au fil des années, ses interventions, souvent teintées d’humour et ponctuées de références à l’actualité locale, étaient devenues l’un des rendez-vous attendus de la cérémonie.
© Tous droits réservés
Un événement qui a traversé les siècles
Depuis le XVe siècle, la Ducasse d’Ath est célébrée chaque année le dimanche précédant le 28 août. Elle trouve son origine dans la commémoration de la consécration, ou dédicace, de l’église paroissiale et de son patron, saint Julien de Brioude. À l’origine, des groupes religieux défilaient pour mettre en scène des épisodes de la Bible ou de la Légende dorée.
Au fil des siècles, la manifestation s’est toutefois profondément transformée. Les XVIe et XVIIe siècles voient notamment apparaître de nouvelles figures issues de traditions festives européennes, comme les chevaux-jupon ou les hommes de feuilles. Goliath, déjà présent, reçoit une épouse en 1715 et devient progressivement l’un des grands symboles de la ville.
Les évolutions politiques, religieuses et sociales ont également façonné le cortège. Les festivités ont ainsi été interrompues durant la période révolutionnaire avant de connaître un renouveau. En 1819, la procession devient un cortège laïque. Au XIXe siècle, l’histoire locale, le civisme et le nationalisme marquent à leur tour durablement la manifestation, tandis que les références religieuses s’effacent progressivement.
© RTBF
XXème siècle : retour du cheval Bayard, de Saint-Christophe et de Tyran

Au XXe siècle, la volonté de renouer avec certaines traditions anciennes conduit notamment au retour du Cheval Bayard, de Saint-Christophe sur échasses ou encore de Tyran. D’autres éléments apparaîtront plus tard en lien avec l’actualité politique et sociale.
Mais, de génération en génération, un rituel a traversé les siècles : le combat entre David et Goliath, héritage de la procession d’origine. Aujourd’hui encore, ce duel demeure l’un des temps forts de la Ducasse. Pour les Athois, la fête dépasse largement le cadre d’un simple folklore. Transmis au sein des familles dès le plus jeune âge, cet attachement participe à l’affirmation d’une identité locale forte.
Et cette année encore, devant une Grand-Place remplie de spectateurs, le petit David a rappelé que, dans la cité des géants, même le plus imposant des adversaires peut finir par tomber grâce à une seule petite balle bien placée.