Du repêchage des qualifications à une deuxième semaine en Grand Chelem, le parcours fou d'Arthur Gea à l'US Open

Qualifié pour la première fois de sa carrière en huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem, Arthur Gea est désormais le dernier Français encore engagé à New York.

France Télévisions - Rédaction Sport

Publié le 06/09/2026 12:06

Mis à jour le 06/09/2026 13:17

Temps de lecture : 4min

Arthur Gea s'est qualifié pour la première fois de sa carrière en huitièmes de finale de l'US Open, le 5 septembre 2026, à New York. (AL BELLO / AFP)
Arthur Gea s'est qualifié pour la première fois de sa carrière en huitièmes de finale de l'US Open, le 5 septembre 2026, à New York. (AL BELLO / AFP)

C'est la belle histoire de cet US Open 2026. Arthur Gea, actuel 87e joueur mondial, s'est qualifié pour les huitièmes de finale à Flushing Meadows, après sa victoire au forceps face à l'Américain Michael Zheng (107e), 7-6 (9/7), 3-6, 4-6, 6-3, 6-2. "À 21 ans et 254 jours, Arthur Gea est le plus jeune Français à se qualifier en seconde semaine de l'US Open depuis Richard Gasquet il y a 20 ans", note le compte X, Jeu, set et maths.

Il est même le dernier représentant tricolore encore engagé à New York. "Cela fait super plaisir, parce que je suis l'un des premiers à être arrivé ici, une semaine avant les qualifs. C'est ma troisième semaine. En vrai, ça ne change rien. Bien sûr, ça fait plaisir d'être le dernier Français, mais je préfère être le dernier joueur du tournoi que le dernier Français en course", a-t-il livré en conférence de presse, après sa victoire.

Un parcours sur lequel peu auraient misé il y a encore quelques jours, lui compris. "J'allais libérer ma chambre. (...) Là, je dois rajouter des nuits à mon hôtel, parce que j’avais arrêté à partir de demain. Je dois modifier mon avion aussi", a-t-il confié à Eurosport. Car le Tricolore de 21 ans, né à Carpentras (Vaucluse), a été repêché pour le tableau final, alors qu'il avait perdu au troisième tour des qualifications, après le forfait du Norvégien Casper Ruud (20e), blessé au dos, dans une partie de tableau relativement ouverte. "Quand j'ai su que j'allais remplacer Casper (Ruud), je savais qu'il y avait des joueurs à ma portée dans cette partie de tableau. J'attendais de jouer [Rafael] Jodar au troisième. J'ai vu qu'il s'était fait défoncer, ça m'arrange", a avoué sans détour le Provençal en conférence de presse.

Cette qualification en deuxième semaine de l'US Open est un bond de géant dans la jeune carrière d'Arthur Gea, qui découvre cette année seulement le circuit ATP et l'univers des tournois du Grand Chelem, lui qui joue encore sur des tournois challengers (la catégorie en dessous du circuit ATP) en guise de transition.

Pour sa première expérience en Grand Chelem, Arthur Gea était sorti des qualifications à l'Open d'Australie en début d'année avant de s'incliner au deuxième tour du tableau final en cinq sets face au Suisse Stan Wawrinka. Après une défaite au premier tour à Roland-Garros (il a bénéficié d'une invitation pour le grand tableau) et au deuxième tour des qualifications à Wimbledon, Arthur Gea engrange de l'expérience. Le Français passe les étapes, les unes après les autres. Mi-juillet, il s'est incliné en finale d'un tournoi challenger au Canada, à Granby, avant de remporter une semaine plus tard son premier titre ATP 250 à Los Cabos, au Mexique, face à Denis Shapovalov (48e mondial).

Son année 2026 a aussi été marquée par son premier titre challenger, en janvier, à Nouméa. "Comme je le dis souvent, après Los Cabos, j'étais content, mais ce n'était qu'une étape. Ça m'a permis d'être dans les 100. Là [à l'US Open], c'est pareil. Le but, c'est de ne pas s'arrêter en huitièmes de finale dans le futur. Si j'arrive à aller plus loin, c'est super. En tout cas, ça me permet déjà d'être à l'aise dans les Grands Chelems", a-t-il assuré en conférence de presse après sa qualification en deuxième semaine à New York.

Une progression, qui l'a fait grimper de la 241e place mondiale en janvier à la 52e provisoire à New York, et qui ne surprend pas son compatriote Arthur Cazaux (142e), qui s'est entraîné avec lui au Centre national d'entraînement (CNE) de la Fédération française de tennis. "Quand on tapait ensemble au CNE, j'ai toujours trouvé que c'était un joueur très complet, très généreux dans l'effort et qui savait tout faire", glissait-il à l'AFP quelques semaines après les exploits australiens de Gea.

"Je trouve qu'il s'est vachement étoffé physiquement. On sent qu'il a pris du poids dans son tennis, que sa balle est beaucoup plus lourde. Donc ça ne m'étonne pas qu'il performe à un super niveau."

Arthur Cazaux, 142e joueur à l'ATP

à l'AFP

Fort de ses derniers mois, Arthur Gea est ainsi arrivé à New York plein de confiance. Et depuis son repêchage, il saisit crânement sa chance et cela paye. Il a d'abord battu l'Argentin Juan Manuel Cerundolo (45e mondial) en cinq sets, puis les Américains Zachary Svajda (80e) en quatre manches et Michael Zheng en cinq sets. Là encore, le destin était de son côté puisque le Français s'était imposé à deux reprises cette année contre Zheng, en trois sets. "Je savais que ça allait être un match très long. Cela n'a rien changé mais je le connais un peu mieux que les autres, parce que quand on le joue trois fois dans la même année, on s'attend un peu à ce qu'il va faire", a réagi Arthur Gea.

Le Français répète en conférence de presse qu'il se sent bien physiquement, même si son huitième de finale sera déjà sa 7e rencontre dans le tournoi new-yorkais. "J'ai l'habitude d'enchaîner les tournois. Quand j'étais en Futures (catégorie en dessous des challengers), j'en avais fait 20 d'affilée. Sept, ça va. C'est plus dur, parce que c'est un peu plus long. C'est clair que jouer cinq sets, ça fatigue un peu plus que gagner en trois. Mais vu que mon prochain adversaire (Botic Van de Zandschulp vainqueur de Zizou Bergs en cinq manches) a dû livrer une bonne bataille. On va arriver sur un pied d'égalité", a expliqué en conférence de presse après sa victoire, le Tricolore, qui avoue aussi préférer "les cinq sets parce que j'ai plus de temps pour réagir".

📊 Lucky-losers, ils ont réussi à se qualifier en 1/8 de finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis le début des années 2000 :
🇫🇷 RG 2012 : David Goffin 🇧🇪
🇦🇺 OA 2014 : Stéphane Robert 🇫🇷
🇺🇸 US 2022 : Corentin Moutet 🇫🇷
🇬🇧 Wim 2024 : Giovanni Mpetshi Perricard 🇫🇷
🇫🇷 RG 2026 :… pic.twitter.com/kdxjUJooxA

— Jeu, Set et Maths (@JeuSetMaths) September 6, 2026

Aux portes des quarts de finale, Arthur Gea, seulement le 6e lucky-loser "à se hisser en huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis le début des années 2000", pointe Jeu, set et maths, pourrait continuer d'écrire la suite de cette belle histoire new-yorkaise. Face au Néerlandais Botic van de Zandschulp (70e à l'ATP), en manque de confiance ces derniers mois, l'espoir est permis.

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