Du camouflet au boulet de canon : Amine Boukamir, le héros inattendu d'un Charleroi qui se met à rêver - RTBF Actus
Les trois coups de sifflet finaux avaient à peine transpercé le Stade Souverain de Lommel qu’il se présentait déjà à notre micro. Bras croisés dans la posture d’un homme qui sait qu’il vient de marquer de gros points, sourire carnassier aux lèvres, Amine Boukamir est revenu sur l’une de ses plus belles soirées en tant que pro. "Marquer un but, ça fait plaisir, marquer un but pour Charleroi ça fait encore plus plaisir" sourit-il.
Quelques minutes plus tôt, c’était d’une frappe sèche, décochée à l’entrée de la surface après un corner mal dégagé, qu’il avait offert la victoire à Charleroi à Lommel (0-1). Un but, son premier en pro, qui vaut donc pesant de cacahuètes et qui résonne comme une petite revanche personnelle.
Une semaine plus tôt, c’est lui qui avait en effet été sacrifié par son coach, Mario Kohnen, à la mi-temps d’un match piège contre OHL. En supériorité numérique, Charleroi pataugeait dans la semoule et l’entraîneur germanophone avait été forcé de changer ses batteries : Boukamir avait donc été remplacé dès la mi-temps par un bon Isaac Cissé.
Un petit camouflet personnel – jamais agréable d’être remplacé après 45 minutes – que le Belgo-Marocain a transformé en motivation personnelle. "La semaine n’a pas été facile mais j’ai répondu comme il le fallait. On ne peut rien faire d’autre que d’accepter les choix du coach. La semaine dernière, c’est tombé sur moi, la semaine prochaine, ça tombera peut-être sur quelqu’un d’autre. Le plus important c’est qu’on gagne."
Une belle preuve de maturité qui fait forcément, aussi, plaisir à Mario Kohnen. Malgré un match initial difficile, le coach a maintenu sa confiance en son joueur en le titularisant contre Lommel. Avec le recul, impossible de lui donner tort : "Amine le mérite. Il a fait un très bon match. […] La semaine dernière, je ne fais pas ce changement parce qu’Amine est le plus mauvais, non, non, non. Il n’était pas le Amine qu’on connaît mais les autres non plus. J’ai fait le choix de le sortir pour amener une autre dynamique. Pour Amine, c’était dommage, mais il a montré qu’il avait le niveau. Défensivement, offensivement et en plus il a marqué. Une journée formidable" analyse le coach carolo, en conférence de presse.
A écouter Kohnen, Boukamir n’a même pas eu le temps de douter : "Ce n’est pas quelqu’un qui doute. Il sait ce qu’il sait faire. On a parlé, le staff a beaucoup parlé avec les joueurs. C’est un jeune joueur. En tant que jeune joueur, tu as des moments plus durs dans ta carrière. C’était peut-être son premier moment plus difficile. Mais quand tu réagis comme il a réagi, tu grandis."
Tout est bien qui finit bien. Et grâce à ce Boukamir qui a "grandi" en une semaine, Charleroi compile un 6/6 et fait donc partie des 4 équipes à garder un bilan immaculé après deux journées.