Drôme : ce château en ruine sélectionné pour le Loto du patrimoine

Crédits : Ghislain de Rengervé

Dans la Drôme, le château de Cornillon-sur-l’Oule, forteresse du XIIIe siècle aujourd’hui en ruines, a été sélectionné pour le Loto du patrimoine, initiative portée par Stéphane Bern.

Perché à 750 mètres d’altitude, sur un piton rocheux au cœur des Baronnies provençales, le château de Cornillon-sur-l’Oule est aujourd’hui en état de ruine. Son enceinte, ses courtines et ses tours, dont certaines atteignent plus de 15 mètres de hauteur, se dégradent sous l’effet des intempéries, de la sécheresse, de la végétation et de l’abandon. Alors que l'avenir de l'édifice est incertain, ce dernier va bénéficier d'un joli coup de pouce financier, puisque le château vient d'être sélectionné pour le Loto du patrimoine, porté par Stéphane Bern. Avec ces fonds, les propriétaires privés souhaitent restaurer progressivement la forteresse, édifiée au 13ème siècle.

Pour fédérer les locaux à leur cause, ces derniers ont également créé l’association Les Amis du Castrum de Cornillon-sur-l’Oule. En quelques mois, l’association a organisé une première fête médiévale, rassemblé ses premiers adhérents et alpagué des bénévoles autour du chantier de restauration. Une mobilisation qui donne un nouvel élan au futur chantier. A long-terme, le collectif espère transmettre les savoir-faire liés aux métiers du patrimoine, accueillir des chantiers participatifs, mais aussi faire découvrir l’histoire du site, avec pour finalité l'ouverture progressive du château au public à travers des visites, des ateliers et des animations immersives. Aucune date de début des travaux n'a été évoquée.

L'un des villages médiévaux les mieux conservés

Situé à Cornillon-sur-l'Oule, le château reste l'un des derniers représentants de l'époque médiévale dans les Baronnies provençales. De ses 750 mètres d'altitude, le batiment occupait une position stratégique sur les voies de passage entre la Provence et le Dauphiné. D’abord possession des barons de Mévouillon, il devient au début du XIVe siècle la propriété des comtes de Provence, issus de la première maison d’Anjou.

Plusieurs grandes familles seigneuriales s'accaparent ensuite le château, "parmi lesquelles les d’Agoult, les Saignes, les Peyre, les Grolée-Mévouillon et les La Tour-Gouvernet", peut-on lire sur le site de la fondation patrimoine. En outre, le site naturel qui l'entoure peut compter sur une faune remarquable, en témoigne la présence notable d'aigles et de vautours.

Pour rappel, depuis sa création en 2018, le Loto du patrimoine a permis de collecter plus de 210 millions d'euros et de soutenir la restauration de plus de 1 080 sites à travers le pays. Cette année, une centaine de sites départementaux a été sélectionnée.

Les douze sites retenus en Auvergne-Rhône-Alpes

- L'Hôtel-Restaurant Anne de Beaujeu (Rhône)
- L'église abbatiale Saint-Theudère à Saint-Chef (Isère)
- Le couvent des Cordeliers à La Chambre (Savoie)
- L'église Saint-Jean d'Esteil (Puy-de-Dôme)
- L'abbatiale Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire)
- Château de Pesteils à Polminhac (Cantal)
- La Grange Fauré à Annecy (Haute-Savoie)
- Moulin de l'Hermite à Périgneux (Loire)
- Les Fabriques de Meyras (Ardèche)
- Château de Cornillon-sur-l'Oule (Drôme)
- Château de Chenavel à Jujurieux (Ain)
- Château de Chassimpierre et ses dépendances à Chatelperron (Allier)

Qu'est-ce que le Loto du patrimoine ?

Lancée en 2018 à l'initiative d'Emmanuel Macron, la "Mission Patrimoine" a été confiée à Stéphane Bern. Le principe, une partie des sommes misées sur des jeux dédiés de la Française des jeux (aujourd'hui FDJ United), jeux à gratter et tirages spéciaux, est reversée à la Fondation du patrimoine pour financer la restauration de monuments menacés de disparition partout en France.

Chaque année au tout début du mois de septembre, une sélection de sites est dévoilée, un "site emblématique" par région et, surtout, un projet par département choisi parmi les dossiers déposés par des collectivités des associations ou des propriétaires privés.

Pour l'édition 2026, une centaine de sites ont été retenus à l'échelle nationale, dont plus de la moitié appartiennent à des communes et plus d'un tiers concernent du patrimoine religieux.

Les jeux "Mission Patrimoine" sont mis en vente du 7 au 21 septembre, avec jusqu'à 1,5 million d'euros à gagner pour les joueurs. Le montant précis de la dotation accordée à chaque site lauréat n'est connu qu'en toute fin d'année, une fois les ventes de tickets comptabilisées. Les particuliers peuvent aussi tout au long de l'année faire un don directement sur la page de chaque projet ces dons étant déductibles des impôts.

Lire aussi :

  • Stéphane Bern : “Renoncer à protéger l’héritage du passé serait un hara-kiri culturel”
  • Rhône : L'Hôtel-Restaurant Anne de Beaujeu sélectionné au Loto du patrimoine
  • Isère : l'église abbatiale Saint-Theudère sélectionnée pour le loto du patrimoine