64 brebis tuées après une attaque de loups dans le Vercors
20 Minutes avec AFP
Publié le 09/09/2026 à 07h19 • Mis à jour le 09/09/2026 à 08h38
L’attaque s’est produite dans la nuit du 30 au 31 août sur les hauteurs de la commune de Bouvante (Drôme), dans le Vercors. 64 bêtes ont été retrouvées mortes attaquées par des loups et une vingtaine est portée disparues, explique un éleveur Sébastien Robert, qui avait laissé son troupeau de 580 bêtes en alpage. « Un tel massacre en une seule fois, c’est un chiffre jamais vu a priori pour une attaque en plein air », affirme le maire d’Oriol-en-Royans, commune où réside l’éleveur, Jean-Jacques Dallon.
L’hypothèse a été émise que dans ce cas-là, il puisse s’agir « de mâles apprenant aux jeunes à chasser, ce qui explique le caractère très meurtrier », ajoute l’édile, relevant que les brebis n’ont pas été mangées. « Il s’agit bien d’une attaque de loup selon le constat, mais rien ne permet de dire que des jeunes loups étaient présents », indique de son côté la direction de l’Office français de la biodiversité.
Filets électriques de protection
La préfecture de la Drôme précise que l’exploitation « avait mis en place des mesures de protection contre la prédation, comprenant notamment la présence de chiens de protection et l’installation de filets électriques de protection ». Et que l’éleveur « bénéficiait, depuis la mi-août 2026, de la possibilité d’effectuer des tirs de défense ».
« Nous disons depuis une décennie qu’il faut réguler le loup beaucoup plus que ça. Ce n’est plus possible, là… Tous les trois jours, nous avons des attaques dans le Vercors et les Baronnies ! », s’offusque Jean-Jacques Dallon. En France, l’abattage de loups est encadré par la loi. Il est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Une procédure est définie pour les « tirs de prélèvement », c’est-à-dire indépendamment de l’attaque d’un troupeau en cours. Un nombre maximum de loups pouvant être abattu est fixé chaque année, sur une population estimée à un peu plus d’un millier d’individus.
Les territoires fréquentés par le loup se sont continuellement étendus en dix ans, passant de moins de 10 départements à plus de 60, et leurs attaques sont un sujet sensible sur fond de colère agricole. Soulignant « la gravité de cette attaque », la préfecture a affirmé qu’une « indemnisation rapide des pertes subies » était mise en œuvre.