Doubs. La Coordination rurale enrubanne des radars pour protester contre l’insuffisance des aides agricoles

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Il y a un peu plus d’une semaine, les adhérents de ce syndicat agricole ont décidé de mener une action symbolique pour critiquer la somme, dérisoire à leurs yeux, débloquée par la ministre de l’Agriculture pour venir en aide aux agriculteurs dont les récoltes et élevages ont souffert de la sécheresse. Ils ont visé une vingtaine de radars du département en les occultant.

Paul-Henri Piotrowsky -

Hier à 18:25 | mis à jour hier à 18:26

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Le radar situé en hauteur, rue de Dole à Besançon, est toujours recouvert.  Photo Arnaud Castagné
Le radar situé en hauteur, rue de Dole à Besançon, est toujours recouvert.  Photo Arnaud Castagné

Depuis vendredi 2 octobre, soit plus d’une semaine, les usagers des routes du Doubs ont forcément observé, jusqu’aux abords de la capitale comtoise, de drôles de capuchons sur les radars. Ceux-ci portaient, sur les rubans ou bâches qui les entouraient complètement, des inscriptions de protestations signées CR 25, l’acronyme de la Coordination rurale du Doubs, l’un des syndicats qui représentent les agriculteurs dans notre département. Les adhérents de cette structure ont ainsi décidé, de manière symbolique, de protester contre « l’insuffisance des aides financières débloquées par le gouvernement » afin d’aider la profession sinistrée par la sécheresse et étranglée par la crise des hydrocarbures à se sortir d’une impasse.

« L’aide d’1,3 milliards d’euros annoncés par Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture et ancienne députée du Doubs, n’est pas à la hauteur de nos attentes sur le terrain, insiste Nicolas Bongay, président de la CR 25. La moitié de cette somme, prévue auparavant dans le budget classique, part dans la poche des assureurs au titre de l’aide à l’assurance récolte. Ce n’est pas un cadeau que l’on nous fait. Les gros propriétaires d’exploitations, pas aussi nombreux que les petits, se partageront 330 millions d’euros (M€). Il ne reste que 230 M€ à répartir par département. C’est pourquoi les plus fragiles, comme les jeunes nouvellement installés, les maraîchers et les plus en difficulté, ont été ciblés. Neuf agriculteurs sur dix n’auront rien. »

Pour le gasoil non routier, « on ne gagne que 150 € pour 1 000 litres »

La deuxième raison de l’opération qui a visé les radars, « sans les dégrader », insiste-t-il, est celle qui concerne le gasoil non routier (GNR) utilisé pour les machines agricoles. « Nous permettre de payer 15 centimes de moins par litre n’est pas un cadeau non plus. On ne gagne que 150 € pour 1 000 litres. Nous avions pourtant demandé que le pétrolier nous le facture directement à prix coûtant, sans les taxes de l’État. Là, on revient en arrière. Cela nous oblige à perdre du temps sur la plateforme dédiée de la DGFIP (les impôts, N.D.L.R.) pour réclamer en fait une misère. »

Les radars, ceux au sol en tout cas, ont été débarrassés de leur gangue par les autorités dans les heures et jours qui ont suivi. Ceux qui sont situés en hauteur sont en revanche, pour certains, comme rue de Dole à Besançon, toujours recouverts.

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