Donald Trump sans stratégie après avoir refusé l’offre de négociations iranienne
Le président américain a rejeté une offre de négociation iranienne, préférant prolonger son blocus économique de l’Iran. L’approche des élections de mi-mandat l’incite à la prudence, mais il n’a pas de stratégie évidente de sortie de crise, surtout quand la guerre reprend au Yémen voisin.
Et maintenant ? L’impasse est totale dans le Golfe, et le baril de pétrole reste solidement ancré à un niveau élevé, au-dessus des 100$. Aucun des conflits de la région n’est réglé, ni à Gaza, ni au Liban, ni en Iran, ni au Yémen, bien au contraire, et Donald Trump est bien en peine de revendiquer des succès à un peu plus d’un mois de ses élections de mi-mandat qui s’annoncent mal.
Ce weekend, le président américain a rejeté la proposition iranienne de lever le double blocus du détroit d’Ormuz, et de reprise des négociations sur la base du protocole d’accord que Donald Trump avait signé le 17 juin à Versailles - et qui n’a jamais été mis en œuvre. La proposition avait peu de chances d’être approuvée : Trump a réalisé que l’accord de juin était mauvais, et reste convaincu qu’il a la possibilité de retourner la situation à son profit. Il interprète même la main tendue de Téhéran comme un signe de vulnérabilité.
D’où cette question : et maintenant ? La poursuite du blocus de l’Iran par les Américains va se poursuivre, avec le risque évident d’une reprise de la guerre avec l’Iran, en l’absence de toute perspective diplomatique.
Hier, après le refus américain de la proposition de Téhéran, le commandant en chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a déclaré : « si l’Iran ne peut pas commercer, si l’Iran ne peut pas vivre, personne ne pourra commercer ou vivre. Le détroit d’Ormuz, a-t-il ajouté, est le détroit de notre dignité et de notre honneur, les ennemis de notre pays ne pourront pas l’utiliser tandis que le peuple iranien en est privé ».
Cette déclaration martiale donne la mesure de l’impasse. Hier, l’Iran a tiré des missiles sur des navires qui tentaient le passage par le détroit d’Ormuz, afin de limiter le trafic réduit qui transite par la voie d’eau.
D’où l’importance de ce qui se passe en mer Rouge, de l’autre côté de la péninsule. L’Arabie Saoudite a rouvert le pipeline qui lui permet d’éviter le détroit d’Ormuz, en évacuant une partie de son pétrole par le port de Yanbu - là où Emmanuel Macron a annoncé le prochain déploiement de forces françaises et de matériel antiaérien.
Les Houthis du Yémen tentent de paralyser l’économie saoudienne, tandis que la guerre entre le royaume et le mouvement pro-iranien a repris. Une partie du bras de fer entre Washington et Téhéran se joue en fait ici, et dans la capacité des Saoudiens d’exporter leur pétrole.
La stratégie des États-Unis est illisible, Florence. Trump a refusé de voler au secours de son allié saoudien, menace l’Iran tout en négociant indirectement avec lui lors de l’assemblée générale de l’ONU la semaine dernière, et mène son blocus économique de l’Iran qui fait mal à ce pays sans pour autant le faire plier.
En fait, Donald Trump est coincé par les élections de mi-mandat qui se déroulent avec en toile de fond cet engagement américain impopulaire et générateur d’inflation. Et désormais avec le soupçon que Trump reprendra les bombardements de l’Iran après le scrutin.
Le piège iranien dans lequel est tombé le président américain n’offre aucune porte de sortie rapide, pour le plus grand malheur des peuples de la région, et de tous ceux qui, dans le monde, souffrent de ses conséquences économiques.