Des violences inouïes en France en marge des manifestations du 17 octobre
La CGT a dénoncé dans un communiqué « la répression visant à empêcher la population de participer aux manifestations », estimant que « c’est le gouvernement qui porte la responsabilité politique de la montée des violences observée aujourd’hui » par « son refus obstiné de répondre aux revendications portées massivement de manière pacifique ».
Le syndicat appelle « à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes, à mettre partout en débat sur les lieux de travail les conditions de la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications » et « à préparer les prochaines étapes de mobilisation ces prochains jours, dont la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre ».
À Paris, « des rues entières ravagées »

Le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a estimé que le bilan des violences et pillages commis hier dans sa ville serait « lourd », « d’ampleur immense », des « rues entières » ayant été « méthodiquement ravagées ».
« Très en colère », l’édile a évoqué au micro de Franceinfo TV, outre les commerces saccagés et pillés, « des dégâts sur l’espace public » et « des monuments qui ont été dégradés, cassés ».
La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déclenchée pour prêter main-forte hier aux forces de l’ordre dans la capitale, selon une source proche du dossier.
L’appel à cette unité spécialisée est intervenu alors que les forces de l’ordre faisaient face à des petits groupes mobiles et violents qui tentaient d’approcher des lieux de pouvoir de la capitale. C’était le cas en fin d’après-midi notamment dans le quartier de la Madeleine, proche de l’Élysée et de l’Assemblée nationale.
Une antenne de l’office de tourisme lyonnais ciblée

Une antenne de l’office de tourisme de Lyon place Bellecour a été saccagée et incendiée hier en marge du mouvement contre « la vie chère ».
La police a par ailleurs fait usage d’un canon à eau pour disperser des manifestants qui tiraient des projectiles sur les policiers et se trouvaient à l’entrée ou à proximité de la place. L’incendie volontaire est survenu sur un côté de la place Bellecour où des groupes de jeunes cagoulés lançaient des projectiles et des mortiers d’artifice contre les forces de l’ordre, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des grenades de désencerclement. Pendant ce temps-là, un manifestant a eu la main arrachée par une grenade policière à Saint-Étienne.
À Marseille, des manifestants ont pénétré dans le hall de la mairie

Plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement hier dans le hall de la mairie de Marseille, renversant un buste de Marianne et cassant du mobilier, des violences face auxquelles le maire de la ville a indiqué avoir obtenu des renforts de forces de police.
Criant « c’est la Révolution, on prend la Bastille », les manifestants sont parvenus à forcer la double porte en bois de la mairie située sur un quai de l’emblématique Vieux-Port de la ville à l’aide de barrières de sécurité et à coups de pied.
À l’intérieur du vaste hall de la mairie, du mobilier a été projeté au sol et un « A » cerclé, symbole de l’anarchisme, a été tagué sur un mur. Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), a « demandé des comptes » après les violences en marge des manifestations samedi dans la ville, intrusion à la mairie et nombreux pillages notamment, que le préfet des Bouches-du-Rhône a attribuées à « 7 à 8000 émeutiers et pilleurs ».
« Je demande des comptes, parce que je ne vais pas laisser les choses en l’état. Je veux savoir ce qui s’est passé. Je veux savoir pourquoi, dans cette ville, des gens ont pu impunément casser », a déclaré Benoît Payan (DVG) lors d’un point presse peu après que quelques dizaines de personnes ont forcé les portes d’entrée de la mairie sur le Vieux-Port.
Dégradations à la mairie de Lille, brièvement envahie

Des manifestants ont aussi forcé hier après-midi plusieurs entrées de la mairie de Lille et certains ont réussi à y pénétrer et commettre des dégradations à l’intérieur, avant de s’enfuir rapidement.
Par ailleurs, selon le maire PS de la ville, Arnaud Deslandes, « des commerces ont été saccagés », dont l’Apple Store, en plein centre-ville, qui a été pillé.
Peu après l’intrusion dans l’Hôtel de ville, des CRS sont entrés dans le bâtiment pour vérifier que plus aucun manifestant ne s’y trouvait. Les accès de la mairie sont désormais protégés par des policiers.
« Nous n’avons heureusement que très peu de dégâts matériels et surtout pas d’agents blessés », a ajouté l’édile socialiste.
La résidence de la préfète « saccagée » à Bordeaux

La résidence officielle de la préfète de Gironde a été « saccagée » lors des émeutes survenues hier, et le RAID a été déclenché pour assister les forces de l’ordre, selon une source proche des autorités.
« Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux », a indiqué une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète, Sophie Brocas, a condamné « avec la plus grande fermeté » les dégradations commises en ce lieu et le pillage de commerces en centre-ville.
Selon une source proche des autorités, confirmant une information de LCI, le RAID, unité d’élite de la police nationale spécialisée dans les interventions à haut risque, a été déclenché dans la foulée de l’attaque de la résidence préfectorale.
L’hôtel de ville de Limoges incendié

Un incendie était en cours à l’hôtel de ville de Limoges hier soir, après qu’un groupe d’individus a attaqué le bâtiment lors de violences survenues au terme de la manifestation.
Le feu qui s’est propagé sur une aile du bâtiment a atteint le toit, dont les poutres menacent de s’effondrer. Des violences ont eu lieu près d’un échangeur routier de l’agglomération, où des casseurs ont incendié une voiture de la police nationale, selon le quotidien Le Populaire du Centre, tandis que des commerces étaient pillés au centre-ville.