Des sociétés suisses profitent du réarmement européen post-Ukraine

Publié20. septembre 2026, 22:03

EconomieDes sociétés suisses se branchent sur le réarmement européen

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine, les pays européens investissent massivement dans leur défense. Une aubaine pour plusieurs sous-traitants helvètes.

L'avion militaire Airbus A400M intègre également des composants suisses fabriqués par la société Huber+Suhner.

L'avion militaire Airbus A400M intègre également des composants suisses fabriqués par la société Huber+Suhner.Pexels

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, les pays européens ont revu leurs priorités et investissent massivement dans leur défense. L’Allemagne prévoit à elle seule d’y consacrer 124 milliards d’euros cette année, soit deux fois plus qu’en 2022. Une manne dont bénéficient aussi des sociétés helvétiques comme le rapporte la «NZZ am Sonntag».

Une forte croissance dans l’aéronautique, le spatial et la défense

Huber+Suhner, basé à Herisau (AR), fabrique des câbles, des conduites et des systèmes de connecteurs. Au premier semestre, ses entrées de commandes dans le segment industriel ont bondi de plus de 40%, à 242 millions de francs. L’entreprise attribue notamment cette croissance à la forte demande dans l’aéronautique, le spatial et la défense. Elma, une société d’électronique établie à Wetzikon (ZH), affiche une progression comparable: près de 40% de commandes en plus, à 118,7 millions de francs.

Pour les nombreux sous-traitants que compte la Suisse, le marché de la défense représente une alternative séduisante alors que le secteur européen de l'automobile traverse une mauvaise passe. La proximité technologique facilite la transition, explique Michael Grass, de l’institut d’études économiques BAK Economics, à nos confrères de la NZZ am Sonntag. Mais se tourner vers le militaire implique davantage de certifications et, parfois, des autorisations spécifiques.

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Des experts appellent à la prudence

Thomas Friedli, professeur à l’Université de Saint-Gall, appelle toutefois à la prudence. Le boom actuel ne durera pas forcément, prévient-il. Les entreprises ne devraient donc pas délaisser leurs activités civiles au profit d’un seul débouché.

L’industrie espère par ailleurs un assouplissement de la loi sur le matériel de guerre, soumise au vote le 29 novembre. Les exportations de matériel de guerre au sens strict ont déjà augmenté de plus de 40% en 2025, pour atteindre environ 950 millions de francs. Mais ce chiffre ne reflète qu’une partie de l’activité: de nombreux produits à usage mixte ou civil, ensuite intégrés à l’industrie de l’armement, n’y figurent pas.

Trois catégories de biens destinés à l'industrie de l'armement

La Suisse distingue trois types de biens liés à l’armement. Les armes, munitions, explosifs et composants conçus spécifiquement pour un usage militaire sont les plus strictement encadrés. Leur exportation est en principe interdite sans autorisation fédérale explicite. Les biens «dual use», développés pour le civil mais utilisables à des fins militaires, obéissent à des règles plus souples. Enfin, des produits comme des vis ou des microprocesseurs standards sont considérés comme des biens civils et ne nécessitent pas de permis d’exportation.

(dbr)

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