Suisse : les pluies attendues risquent de ne pas apporter le répit espéré
Publié17. août 2026, 07:55
Le météorologue expliqueDes pluies qui n'apportent guère de répit... pour l'instant
La semaine qui s'ouvre voit les températures baisser et le retour d'averses, parfois orageuses. Le début d'une période potentiellement plus instable.

Les bulletins météo de cette semaine sont attendus avec impatience. Après des semaines de chaleur, de prairies et de champs desséchés, plusieurs jours de pluie sont annoncés, notamment dès jeudi en Suisse romande. Cependant, les quantités pourraient varier considérablement selon les régions.
Ce lundi pourrait également voir des averses orageuses parfois abondantes. «Au total, il tombera entre cinq et 40 litres de pluie d'ici lundi soir.»
Le grand répit arrive-t-il maintenant?
«Chaque goutte de pluie aide, bien sûr», souligne Peter Wick. Les prairies, les jardins et les couches superficielles du sol pourraient en bénéficier rapidement. Cependant, un répit durable est encore loin.
La sécheresse s'est installée pendant des semaines et des mois et ne concerne plus seulement la surface. «Pour atténuer cela, une semaine de temps variable avec des averses ou des orages ne suffit pas», explique l'expert. Les nappes phréatiques, en particulier, ont besoin de précipitations régulières sur une longue période.

L'idéal? Des pluies continues
Pour cela, selon Peter Wick, plusieurs jours ou même semaines de pluie continue et uniforme seraient idéaux. «Mieux vaut 5 à 10 litres par mètre carré par jour que 50 litres en une heure.» Ainsi, l'eau pourrait s'infiltrer lentement et atteindre les couches de sol plus profondes et les nappes phréatiques.
Ce qui est décisif, ce n'est pas seulement la quantité de pluie qui tombe, mais aussi l'intensité. Une pluie légère peut s'infiltrer étonnamment bien même dans des sols secs. Avec de violents orages, c'est différent. «Si l'eau arrive en peu de temps, les sols desséchés et parfois durcis sont souvent dépassés», explique Peter Wick. Une grande partie de l'eau s'écoule alors en surface.
Automne potentiellement pluvieux
Les modèles actuels de Copernicus prévoient un changement radical de la situation pour les prochaines semaines sur une large partie de l'Europe, y compris en Suisse. «Il y a plutôt un signal de regain de précipitations», explique Dean Gill, de MétéoSuisse, au micro de «La Matinale» sur RTS Première. «On peut s'attendre à 110, 120% des précipitations qu'on attend en moyenne pour cette période de l'année.» Ce contexte pourrait favoriser des phénomènes extrêmes, avec une Méditerranée qui atteint des records de température.
Risques d'inondation accrus
Selon le météorologue, des inondations pourraient alors survenir malgré une sécheresse marquée. «Le sol desséché agit alors presque comme une surface scellée.» Les routes, les caves ou les petits ruisseaux pourraient être surchargés en peu de temps. À quelques kilomètres de là, il pourrait en même temps ne pas tomber une goutte. La sécheresse est donc plutôt un facteur de risque supplémentaire pour les crues soudaines locales. «De tels contrastes font désormais presque partie du temps estival en Suisse, surtout en cet été caniculaire 2026.»
Des coulées de boue sont également possibles. La sécheresse seule ne provoque pas de glissements de terrain, selon l'expert, mais après de longues périodes sèches, une pluie intense peut rapidement mettre en mouvement des matériaux lâches dans des terrains escarpés. «Ainsi, des coulées de boue peuvent se produire localement, bien qu'il ait fait sec pendant des semaines.»
De plus, en altitude, la fonte du pergélisol entre en jeu. Là où la glace disparaît dans le sous-sol, les éboulis peuvent perdre en stabilité, souligne l'expert. En cas de fortes pluies, cela pourrait entraîner davantage de coulées de boue et de chutes de pierres.
(arg)

Lynn Sachs (sac), née en 1995, travaille pour 20 Minuten depuis 2020. Depuis janvier 2024, elle est cheffe adjointe de la rubrique "News & Gesellschaft".