Des milliers de postes encore vacants dans les écoles du Québec

Pas moins de 1301 postes d’enseignant restent à pourvoir alors que les élèves des écoles primaires et secondaires retournent cette semaine en classe. C’est toutefois au sein du personnel professionnel et de soutien que la pénurie se fait le plus sentir un peu partout au Québec.

« Ça demeure un défi d’avoir tout le personnel nécessaire pour répondre aux besoins de nos jeunes. Ça, c’est clair », lance en entrevue la présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, Kathleen Legault. Et c’est particulièrement « les postes qui sont liés aux milieux spécialisés, aux plans spécialisés » des élèves à besoins particuliers, qui sont les plus difficiles à pourvoir, constate-t-elle, dont des postes d’enseignant en adaptation scolaire et de personnel d’accompagnement de ces jeunes.

« Nos élèves qui ont des plus grands besoins, on a un défi d’avoir le personnel pour eux », souligne-t-elle.

C’est ainsi qu’alors que 1,4 % des postes d’enseignant restent à pourvoir dans les écoles de la province, selon une nouvelle mise à jour du tableau de bord du ministère de l’Éducation, ce pourcentage grimpe à 6,9 % au sein du personnel de soutien. Quelque 752 techniciens en éducation spécialisée et 1864 éducatrices en milieu scolaire manquent à l’appel.

Alors que le nombre d’élèves ayant des besoins particuliers continue d’augmenter au fil des années, le pourcentage de postes à pourvoir au sein du personnel professionnel atteint pour sa part 7,4 %. Il manque ainsi au réseau 135 psychoéducateurs et 111 orthophonistes, notamment.

Pire à Montréal

Encore cette année, Montréal figure parmi les régions du Québec où le manque de personnel scolaire se fait le plus sentir. Ce sont 531 (3,1 %) postes d’enseignant qui restent à pourvoir dans la métropole ; 553 autres (8,6 %) demeurent vacants au sein du personnel de soutien et 142 (12,6 %) au sein du personnel professionnel.

C’est particulièrement au Centre de services scolaire de Montréal, le plus grand de la province, que cette pénurie se fait sentir. On y recense 320 postes d’enseignant à pourvoir, pour un taux de postes vacants de 4,9 %, largement supérieur à la moyenne provinciale.

« Il n’est pas normal qu’à Montréal, les élèves et leurs parents angoissent à savoir s’il y aura un prof devant la classe pour amorcer l’année scolaire », déplore la présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal, Catherine Beauvais-St-Pierre, dans un communiqué de presse publié mercredi après-midi. « Les conditions ne sont actuellement pas réunies pour attirer de nouveaux profs et retenir celles et ceux en poste. Nous ne sommes plus à l’heure des constats. Il faut investir en éducation, puis prendre des décisions qui ont à cœur le bien-être des élèves et des profs qui leur enseignent. »

Kathleen Legault assure pour sa part que tous les élèves auront un enseignant dans leur classe cet automne. Dans plusieurs cas, cependant, il s’agira de suppléants ayant une expérience limitée, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la qualité des services que recevront les élèves en plus d’alourdir la tâche des directions devant accompagner ces enseignants moins qualifiés, indique-t-elle.