Des journalistes brutalisés au congrès du RN, le parti poursuit Le Monde en diffamation
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Une quarantaine de rédactions ont réclamé mardi au RN, dans une tribune commune, de “pouvoir travailler librement”, après un congrès du parti où des journalistes de Mediapart et Politis ont été “brutalisés” selon elles. Le Rassemblement national a par ailleurs annoncé mardi des poursuites en diffamation contre le journal Le Monde, qu’il accuse d’avoir propagé une information “mensongère” pour le “salir” en affirmant que des tracts du RN avaient été retrouvés dans la voiture du suspect de l’attentat raciste de Trappes.
MDV
Source: Avec AFP/Belga
27 octobre 2026, 13:21Dernière mise à jour: 13:23
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“Marine Le Pen a fait de ce congrès la rampe de lancement de sa campagne présidentielle. Il n’est pas acceptable que des journalistes soient ainsi exfiltré·es et malmené·es”, ont estimé ces sociétés de journalistes et de personnels, dont celles de BFMTV, LCI, Le Monde, Le Figaro, Radio France, RTL, RMC, l’Agence France-Presse ou encore de France Télévisions.
Les SDJ des Dernières Nouvelles d’Alsace et de L’Alsace, des Echos et de Blast font aussi partie des signataires de la tribune, publiée sur le blog de la SDJ de Mediapart.
“Dans un État de droit, les partis politiques, tous bords confondus, doivent permettre à la presse, au service de tous les citoyens et citoyennes, d’accéder à leurs événements sans entraver son travail ni la brutaliser”, ajoutent-elles, à six mois de l’élection présidentielle.
Une équipe de Mediapart pris à partie
Samedi, peu avant l’ouverture du congrès du parti d’extrême droite, une équipe vidéo de Mediapart a été prise à partie par des militants, puis huée par la salle qui scandait “Mediapart dehors”. Elle a été exfiltrée de façon musclée par le service de sécurité du RN.
Le service presse du RN “s’est excusé et a laissé les journalistes regagner le congrès”, est-il précisé dans la tribune commune.
Mediapart est vertement critiqué par les membres et sympathisants du RN depuis ses révélations fin septembre sur des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella. Le président du parti dément fermement en être l’auteur.
Dimanche, après une action revendiquée par l’Union des étudiant juifs de France (UEJF), des policiers en civil et le service d’ordre ont évacué sans ménagement les activistes et aussi un journaliste de Mediapart qui filmait la scène - qui a entendu les propos racistes d’une spectatrice l’invitant à “retourner au bled”.
“La sécurité de ses journalistes n’étant plus assurée, la direction de Mediapart a dû leur demander de quitter les lieux du congrès”, déplorent les rédactions.
Filmant cette même action, un journaliste de Politis a été malmené et sorti, relèvent-elles.
Début octobre, les sociétés des journalistes de près de quarante rédactions avaient déjà dénoncé les “menaces de mort” du Rassemblement national contre Mediapart, après les déclarations de Marine Le Pen recommandant à ses journalistes de porter “un costard en kevlar”, la matière des gilets pare-balles.
Le RN poursuit Le Monde
“En diffusant une information infondée, mensongère et démentie hier par le procureur de la République au sujet de tracts RN qui auraient été retrouvés dans la voiture du tueur de Trappes, le journal Le Monde s’est une fois encore prêté à une opération militante visant à salir le Rassemblement national”, a de son côté déclaré dans un communiqué son vice-président en charge des affaires juridiques, Bruno Bilde.
“Le Rassemblement national poursuit en diffamation ‘Le Monde’, considérant que son enquête n’était pas sérieuse au sens de la jurisprudence”, a-t-il ajouté.
Le parti d’extrême droite a accusé la classe politique de s’être “déshonorée en relayant ce mensonge, uniquement à des fins électoralistes”, promettant de ne laisser “passer” aucune “manoeuvre” de ce type.
Sollicité par l’AFP, Le Monde n’a pas souhaité réagir.
Le quotidien avait affirmé, en citant une source anonyme proche de l’enquête, que des tracts du RN avaient été retrouvés dans la voiture du suspect, Kevin T.
Démenti du procureur
Mais le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a précisé lundi soir qu’”aucun tract d’un parti politique n’a été découvert dans son véhicule”.
Un article du Monde, en ligne, indique désormais que cet élément a été démenti par le procureur.
Vendredi matin, Kevin T. a ouvert le feu en rafales à Trappes et La Verrière (Yvelines), abattant un Français de 26 ans d’origine africaine, Pengo Bossio Wangi, et blessant plusieurs personnes, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, selon Olivier Christen.
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Un exemplaire du livre d’Adolf Hitler, “Mein Kampf”, a été découvert chez lui, a indiqué une source proche du dossier. Une autre source a évoqué auprès de l’AFP sa dérive vers l’idéologie raciste.
Le suspect, âgé de 39 ans, a reconnu les faits mais conteste tout mobile raciste, d’après le procureur.