Des efforts sur la dermatologie et la pédiatrie : 10 260 postes d’internes en médecine seront ouverts en 2026
Le ministère de la Santé a annoncé, ce mercredi, l’ouverture de 10 260 postes d’internes en médecine à la rentrée 2026, une hausse notable pour répondre aux difficultés pour trouver des médecins.
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La nouvelle promotion d’internes en médecine comptera en novembre 10 260 postes, contre 8 919 en 2025 (+15 %), a annoncé, ce mercredi, le ministère de la Santé, saluant une « progression historique ». La hausse représente 1 341 postes supplémentaires par rapport à 2025, et constitue « l’un des premiers effets concrets de la suppression du numerus clausus, décidée en 2019 » dans l’objectif de « former davantage de médecins », commente le ministère dans un communiqué.
« Tensions démographiques »
Les internes sont des étudiants de troisième cycle (à partir de la septième année) qui exercent à plein temps à l’hôpital ou en ville. Pour accéder à l’internat, les étudiants passent un concours en sixième année, afin de choisir leur future spécialité et la ville dans laquelle ils l’effectueront. Cette année, 4 070 postes seront consacrés à la médecine générale (+13,3 %), spécialité qui représente 40 % du total de la promotion. Selon le ministère, « la priorité est donnée au renforcement de l’offre de soins de premier recours ».
D’autres spécialités voient leurs effectifs progresser, en particulier les « plus confrontées aux tensions démographiques ou aux grands enjeux de santé publique », poursuit le ministère. Parmi elles figurent la dermatologie (130 postes, +25 %), la pédiatrie (468 postes, +20,3 %), la gynécologie-obstétrique (275 postes, +20,1 %), la médecine d’urgence (545 postes, +19,8 %), la gériatrie (212 postes, +19,8 %), la médecine cardiovasculaire (232 postes, +19,6 %) ou la psychiatrie (665 postes, +18,1 %).
Nouveau concours.
Le gouvernement assure mettre l’accent sur des territoires confrontés à des difficultés d’accès aux soins, comme le Centre Val-de-Loire (+18 % par rapport à 2025), la Nouvelle-Aquitaine (+15,7 %) ou les Hauts-de-France (+17,7 %). En 2024, une réforme tout juste entrée en vigueur avait introduit pour la première fois une note éliminatoire à l’épreuve écrite ainsi qu’une épreuve orale, et avait fortement amaigri la promotion de nouveaux internes : une partie des étudiants avait stratégiquement décidé de redoubler la cinquième année, pour ne pas essuyer les plâtres du nouveau concours.
Seulement 8 500 internes avaient alors intégré l’hôpital, contre 9 500 habituellement, au grand dam des hospitaliers confrontés à des tensions croissantes sur les effectifs. Selon plusieurs syndicats, les internes représentent 40 % de l’effectif médical hospitalier et leur diminution en 2024 avait alourdi la charge de travail et les gardes des praticiens. Les internes participent largement à faire tourner les services, notamment aux urgences.
« La mesure de l’urgence »
Dans un communiqué, la Société française de dermatologie (SFD) et le Collège des enseignants en dermatologie de France (CEDEF) ont salué ces annonces, y voyant un « premier tournant dans la lutte contre la pénurie croissante de dermatologues », après une stagnation du nombre d’internes durant plusieurs années. « Les pouvoirs publics ont enfin pris la mesure de l’urgence », mais l’augmentation reste « insuffisante pour combler le retard accumulé », ajoutent-ils. « C’est une grande victoire », mais « une première étape, dont les effets ne se feront pleinement sentir que dans une dizaine d’années », observe dans un autre communiqué le Dr Luc Sulimovic, président du syndicat SNDV.
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