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  • 2026-07-22 17:21:55 +0000 UTC

    Jul 22, 2026

    "Des économies, il faut en faire, mais pas dans la santé"

    À peine façonné, l'outil est déjà remisé au placard. La nouvelle loi-cadre sur les soins de santé, publiée le 5 juin au Moniteur belge, prévoit que le gouvernement doit envoyer pour le 20 juillet au plus tard une lettre de mission aux représentants des mutualités et des dispensateurs de soins (réunis au sein du Comité de l'assurance), chargés de préparer le budget des soins de santé de l'année suivante. Cette lettre de mission leur fixe les priorités politiques et le cadre budgétaire à respecter. Sauf que "le gouvernement a décidé de ne pas envoyer de lettre de mission cette année", fait savoir le cabinet du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit).

    Comme révélé par La Libre, l'ébauche de la lettre prévoyait de réaliser un effort budgétaire – déterminé sur la base d'estimations techniques – de 171,5 millions d'euros en 2027, pour atteindre 638 millions à l'horizon 2029. En parallèle, elle mettait sur la table le plafonnement de l'indexation des honoraires des prestataires de soins. Mais le contenu de la lettre de mission n'a pu faire l'objet d'un accord au sein du gouvernement De Wever.

    Le plan de Frank Vandenbroucke pour économiser 638 millions dans les soins de santé

    "Cela ne remet toutefois pas en cause le processus budgétaire classique, reprend le cabinet Vandenbroucke. Le Comité de l'assurance, qui réunit les acteurs du secteur (médecins, dentistes, mutuelles, hôpitaux, kinésithérapeutes, pharmaciens, infirmiers, etc.) poursuit ses travaux selon le calendrier habituel et formulera sa proposition de budget le premier lundi d'octobre, sur la base des estimations techniques disponibles. Les mutuelles et les secteurs concernés mèneront leurs travaux préparatoires comme d'habitude, dans le cadre de ce schéma habituel."

    "L'absence de lettre de mission est une bonne chose", estime Gilbert Bejjani, vice-président du syndicat de médecins Absym. "Cela veut dire que le politique nous redonne notre place dans la concertation sociale." Avant l'introduction de la lettre de mission, les acteurs de la concertation proposaient en effet d'initiative les mesures d'économie à prendre pour respecter le cadre budgétaire fixé, sans devoir se soumettre aux directives gouvernementales.

    Tensions dans l'Arizona autour des économies à réaliser dans les soins de santé

    Les velléités du MR et de la N-VA

    Cela dit, "le gouvernement pourrait nous imposer davantage d'économies que celles prévues initialement dans la lettre de mission", nuance, peu rassuré, Jean-Marc Laasman, conseiller à la mutualité Solidaris. "Les secteurs de l'emploi et des pensions ont déjà beaucoup contribué aux efforts budgétaires de l'État. Certains pensent que ce n'est pas le cas des soins de santé – ce qui est faux – et se braquent maintenant sur eux."

    Le MR et la N-VA ne cachent pas leur volonté de faire bien plus d'économies dans la santé que celles accomplies jusqu'ici. En novembre 2025, le gouvernement avait déjà décidé d'une économie structurelle complémentaire sur la santé de 684 millions pour 2029 (dont 247 millions dès 2028), après que le budget 2026 des soins de santé fut bouclé. Un tel scénario pourrait à nouveau se reproduire dans quelques mois.

    guillement

    Pour un gouvernement de droite, j'observe qu'il a augmenté l'imposition, mais qu'il a très peu réduit les dépenses de l'État.

    "On peut réaliser le montant des économies prévu par les estimations techniques, c'est quelque chose de réaliste", commente Amélie Hosdey-Radoux, directrice du pôle études et politiques de santé de Solidaris. "Par contre, aller jusqu'à six milliards d'euros, comme on l'entend parfois, c'est beaucoup moins réaliste, euphémise-t-elle. On ne sait pas ce que le gouvernement va nous demander."

    "Pour un gouvernement de droite, j'observe qu'il a augmenté l'imposition, mais qu'il a très peu réduit les dépenses de l'État, conclut Gilbert Bejjani. Des économies, il faut en faire. Mais pas dans la santé ! Quand on voit le peu de mesures concrètes de réduction des dépenses prises dans le fonctionnement de l'État, ce n'est pas à la santé de pallier."

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