Des coups de feu tirés en direction d’un commissariat à Anderlecht : 'Il transparaît une volonté claire de déstabilisation de l’autorité' - RTBF Actus
La police a été appelée vendredi vers 23h40 pour des coups de feu rue Démosthène. Selon les premiers éléments, deux suspects se seraient ensuite enfuis à bord d’une trottinette. Le parquet de Bruxelles est descendu sur les lieux, accompagné d’un expert et du laboratoire de la police fédérale, afin de procéder aux constatations nécessaires.
Pour les besoins de l’enquête, la police ne communique pas davantage d’informations à ce stade.
Le commissariat était fermé au public au moment des faits. La majeure partie de ses services a par ailleurs été transférée vers le nouvel hôtel de police de la zone Bruxelles-Midi. Quelques services occupent toutefois encore le bâtiment de la rue Démosthène.
La police ne pouvait pas préciser samedi matin si des policiers se trouvaient à l’intérieur au moment des tirs. Le nouvel hôtel de police de Bruxelles-Midi, situé à proximité de la gare du Midi, a été inauguré en décembre 2025. Il regroupe des services d’intervention, de contrôle et administratifs de la zone.
"Des actes inacceptables"
Le procureur du Roi de Bruxelles a réagi : "Ce sont des faits inadmissibles, comme tout usage d’arme dans l’espace public", déclare Julien Moinil. "Il transparaît une volonté claire de déstabilisation de l’autorité au vu de la cible choisie mais ils n’y parviendrons pas. Nous sommes déterminés et nous allons continuer les actions judiciaires et notre travail sans relâche."
"Par ailleurs, ce n’est qu’un point parmi d’autres mais beaucoup de fusillades sont commanditées depuis la prison. Je ne dis cependant pas que c’est le cas ici, l’enquête doit se poursuivre", ajoute-t-il. "J’ai néanmoins du mal à concevoir que le gouvernement fédéral ne prévoit pas des zones sécurisées ou la téléphonie mobile ne puisse fonctionner. La prison de Haren d’où sont donnés des ordres est remplie de téléphones mobiles d’ou partent les instructions. Donc même quand la justice prononce des lourdes peines à l’égard des donneurs d’ordre, ils continuent en prison faute de sécurité suffisante intra muros".
Le Ministre-Président bruxellois a lui aussi réagi sur le réseau social Twitter. "C’est un nouvel avertissement pour Bruxelles", écrit Boris Dilliès. "Nous ne laisserons pas le crime organisé s’emparer de notre ville."
© RTBF
Bernard Quintin "profondément choqué" par les tirs
Le ministre de la Sécurité et de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) s'est dit samedi "profondément choqué" par les tirs qui ont visé le commissariat. Il condamne "fermement cette attaque inacceptable".
"Face à de tels actes d'intimidation, nous ne renoncerons jamais à notre détermination à lutter fermement contre la criminalité organisée et le trafic de drogue, au contraire !", a-t-il réagi.
Bernard Quintin indique que les contacts sont permanents depuis les faits, "tant au niveau policier que politique", notamment avec le bourgmestre d'Anderlecht Fabrice Cumps (PS).
Il a également exprimé son soutien aux policiers et dit compter sur les services compétents pour identifier rapidement les auteurs, les traduire en justice et faire en sorte qu'ils soient "sévèrement sanctionnés".
Ahmed Laaouej réclame davantage de moyens contre le crime organisé
Le chef de file du PS bruxellois et ministre bruxellois Ahmed Laaouej a exhorté samedi le ministre fédéral de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) à "se décider à agir sérieusement contre la criminalité organisée à Bruxelles".
"Ça suffit!", a lancé Ahmed Laaouej. Selon lui, les auteurs "s'en prennent désormais directement à un commissariat de police dans ce qui semble être une action de représailles".
Le PS bruxellois a exprimé sa solidarité et son soutien aux forces de l'ordre. Ahmed Laaouej juge les mesures prises par les ministres de l'Intérieur et de la Justice "insuffisantes". Il réclame urgemment un renforcement des moyens de la police judiciaire, de sa présence à Bruxelles et de la zone de police, ainsi que des moyens de la justice et du parquet. "Il en va de la vie de nos habitants et de la sécurité de nos policiers", affirme-t-il.