Des chercheurs ont réussi à détourner les fonctions IA de Chrome, Edge et Comet pour fouiller dans vos données et agir à votre place

Avant toute chose, BragJack suppose qu’une extension malveillante a déjà été installée dans le navigateur. L’attaque ne permet donc pas de compromettre n’importe quel internaute à distance.

Les chercheurs ont ensuite exploité la possibilité offerte aux extensions Chromium de modifier le traitement des requêtes réseau. Dans Chrome, ils s’en sont servis pour altérer les protections de l’application Gemini embarquée dans le navigateur et détourner l’un des scripts qu’elle charge, de manière à faire exécuter leur propre code. Ils ont alors pu envoyer eux-mêmes à Chrome les commandes normalement transmises par Gemini. Le navigateur les a exécutées comme si elles émanaient de l’assistant, permettant aux chercheurs d’ouvrir des pages ou des fichiers locaux, d’en récupérer le contenu, de lire des PDF et de prendre des captures d’écran.

Autre navigateur, autre méthode. Sur Comet, les chercheurs ont profité d’une faille dans la gestion des domaines de confiance. Constatant que l’agent acceptait les commandes envoyées depuis plusieurs adresses de Perplexity, parmi lesquelles un domaine de test moins protégé que le site principal, ils ont utilisé leur extension pour empêcher ce domaine de rediriger vers le site principal de Perplexity, y injecter leur code et transmettre directement leurs propres instructions à l’agent. Dans leur preuve de concept, ils ont ainsi poussé Comet à consulter les cinq derniers mails du compte utilisé pour le test, à les résumer puis à envoyer le résultat vers une autre adresse.

Opera Neon, Claude in Chrome et les capacités d’action de Copilot dans Edge ont également cédé face à des variantes de cette technique, que les chercheurs ont baptisée « Prompt Forcing ». Contrairement à une injection de prompt classique, l’attaquant ne dissimule pas une consigne malveillante dans un contenu que l’IA pourrait être amenée à lire. Il transmet directement à l’agent la requête de son choix, que ce dernier exécute ensuite en s’appuyant sur les autorisations dont il dispose déjà dans le navigateur.

Les recherches de Forever Security ont finalement débouché sur deux CVE, déjà corrigées au moment de la publication de leurs travaux : CVE-2026-0628 pour Chrome et CVE-2026-55945 pour Edge. Elles ont par ailleurs rapporté plus de 20 000 dollars de primes aux chercheurs, dont 7 000 dollars pour Chrome et autant pour Comet.