Des Champs-Élysées à Lourdes, cet historien a assisté à la messe du pape Léon XIV à Paris puis à celle dans la cité mariale en l'espace de 24 heures
l'essentiel Après la messe parisienne du pape Léon XIV, Raphaël Spina a pris le dernier TGV, direction Lourdes, pour rester deux jours sur place. Une étape marquante pour cet enseignant-chercheur en histoire, soucieux de rendre grâce, de compatir aux souffrances de tous et de n’oublier personne.
En 2003-2004, Raphaël Spina a occupé son premier poste d’enseignant à l’université et à la King's School de Canterbury. Le début d’une belle carrière pour cet ancien élève de l’École normale supérieure, originaire de Clermont-Ferrand, dont la vocation d’historien est née à huit ans devant la plaque commémorative de Georges Dessaux, jeune résistant fusillé, le 27 juillet 1944, en Auvergne.
À la veille de ses 45 ans, Raphaël a beaucoup voyagé et se rend disponible pour les causes qui lui tiennent à cœur. Ainsi, en 2025, il s’est rendu à Notre-Dame de Paris pour la béatification des 50 martyrs du STO (Service du Travail Obligatoire durant l'Occupation nazie), parmi lesquels Pascal Vergez, originaire d’Aucun dans le Val d'Azun. Il s’est aussi rendu à Hiroshima et Nagasaki pour les 80 ans de la frappe atomique. Chrétien fervent, il a participé aux Journées mondiales de la jeunesse en 2011 (Madrid), 2013 (Rio de Janeiro) et 2016 (Cracovie).
En vingt ans, il est devenu un historien reconnu ; son Histoire du STO (2017) a été primée par la Fondation Stéphane-Bern. Après un riche parcours, Raphaël Spina enseigne aujourd’hui à Salon-de-Provence aux futurs officiers de l’armée de l’air, y compris en histoire des religions.
Deux messes papales à Paris et Lourdes en moins de 24 h
Le dimanche 27 septembre dernier, il était à Lourdes pour vivre en pèlerin la venue du pape Léon XIV. Arrivé dans la nuit, après avoir participé la veille à la messe à la Concorde, il a pris le train du retour, lundi, non sans un passage à la Grotte avec, dans le cœur, un beau chant : "Pourquoi n’irions-nous pas ensemble à la fontaine, puisqu’elle peut guérir et même purifier, nous laverons là-bas nos blessures et nos peines ; ainsi connaîtrons-nous une profonde paix."
Raphaël Spina connaissait déjà Lourdes grâce à l’Atelier Imaginaire. Lauréat du concours général des lycées en histoire, à 15 ans, il avait été invité pour les Journées Magiques, parmi les jeunes, et plus tard, comme conférencier. Revenir à Lourdes était l’un de ses vœux les plus chers.
"J’aime beaucoup le pape Léon XIV, son sourire, son parcours, son discours de paix, de justice et de conversion. Je portais à Marie bien des intentions personnelles. J’ai prié pour Christa Pike qui, il y a trente ans, a tué sa camarade d’étude. L’approche de son exécution m’a bouleversé. J’ai fait vœu qu’elle soit épargnée, car nous pouvons tous changer nos cœurs. Thérèse de Lisieux, à 14 ans, a prié pour un criminel. Dans la prière et les actes, ayons compassion et miséricorde comme nous aimerions en recevoir s’il nous arrivait malheur. Et ne permettons ni la détresse ni la mise à mort de l’autre."