Déçu par son utilisation mais obligé de se battre pour regagner sa place : comment Folarin Balogun traverse sa saison à l’AS Monaco où il ne joue pratiquement plus ?
Il paraît qu’abondance de biens ne nuit pas, mais cette expression sonne un peu faux cette saison à l’AS Monaco. Le club de la Principauté a un réservoir trop fourni devant et peu de places pour contenter tout le monde. À commencer par son meilleur buteur du dernier exercice avec 19 buts en 43 sorties : Folarin Balogun.
L’attaquant international américain n’a joué que les sept dernières minutes du temps additionnel, dimanche face au LOSC. Son équipe évoluait à onze contre dix depuis la 66e minute et l’exclusion du Lillois Tanguy Nianzou, elle cherchait à mettre le but de la victoire, mais son entraîneur ne l’a envoyé sur le pré qu’au tout dernier moment.
Filipe Luis a maintenu Paris Brunner sur le terrain pendant toute la rencontre, même si l’Allemand n’a pas proposé son meilleur visage. Toujours aussi combatif et actif, il n’a pas réglé ses pieds, malhabile dans la finition. Sa présence dans la surface a permis à l’ASM d’égaliser sur le centre vicieux d’Edan Diop (74e), mais n’aurait-il pas fallu apporter le sang frais du New-Yorkais dans le final ?
Il est toujours plus facile de poser la question après-coup, évidemment, mais Luis n’a pas caché qu’il partageait cette réflexion après la rencontre. « J’ai mis Balo’ peut-être trop tard sur le terrain, mais je fais mes choix pour l’équipe, a détaillé le Brésilien. Il sera probablement difficile pour lui de l’accepter, mais Paris ne laisse aucune chance aux autres attaquants. Il mérite sa place et marque à chaque match. »
Balo’ n’a effectivement pas sauté au plafond. Selon nos informations, il aurait confié sa déception dans les couloirs du Louis-II sans se plaindre ou verser dans la colère pour autant.
Il sait que son entrée tardive a été motivée par la volonté de Luis de garder deux ailiers dans les couloirs, à même d’étirer le bloc nordiste.
Elle est aussi le résultat des automatismes qu’il n’a pas tissés avec ses partenaires cet été. Blessé au genou à son retour du Mondial, il avait ensuite demandé à s’entraîner à part dans l’optique de son transfert en Premier League. Un départ qui n’a finalement pas eu lieu puisqu’il a jugé qu’Everton lui avait manqué de respect au moment de le rejoindre. Le club de Liverpool avait émis des doutes sur son genou et sa forme avant de rétropédaler. Des hésitations que l’Américain avait peu goûtées, refusant de signer. Un choix fort qu’il ne regrette pas mais qu’il doit assumer alors qu’Abline a été recruté pour le remplacer et qu’il affronte une concurrence accrue.
L’ASM ne craint pas une chute de sa valeur marchande
S’il paie ses choix estivaux, Balogun reste un enjeu financier sur le Rocher. Il semble toujours candidat à un départ l’hiver prochain après sa volte-face, mais les dirigeants monégasques n’auront peut-être pas les mêmes offres que début septembre.
Peu utilisé en L1 et privé de Ligue Conférence, où son club ne l’a pas inscrit sur la liste UEFA, l’attaquant de 25 ans est devenu quasiment invisible. Luis construisant son projet de jeu avec les hommes qui s’inscrivent au club dans le futur. Sous contrat jusqu’en 2028, l’avant-centre pourrait donc voir sa situation impacter sa valeur marchande.
Le site spécialisé Transfermarkt évaluait son prix à 50 millions d’euros en juillet dernier, mais aucune mise à jour n’a été effectuée depuis. Il y a quelques mois, Everton et Monaco étaient tombés d’accord pour un transfert à 52 millions d’euros bonus compris (45 de part fixe + 7 de bonus). Un pourcentage sur une éventuelle revente de l’ordre de 12 % avait également été inséré au deal. Ces chiffres seront-ils les mêmes cet hiver alors que l’ASM a besoin de faire rentrer des liquidités pour satisfaire la DNCG, le gendarme financier du foot français qui a encadré sa masse salariale ?
Pour l’heure, le club veut y croire.
Dans les esprits, on mise sur la compréhension des potentiels acheteurs et sur le pedigree de Balogun. L’Américain joue peu mais son cas est particulier au vu de ses péripéties de l’été. On considère aussi qu’il a montré son talent à Reims et la saison dernière en Principauté, ce que ses courtisans ne pourront pas oublier.
Il est enfin espéré que le New-Yorkais en fasse davantage pour regagner sa place. Lui dont les entrées ont été c’est selon, cohérentes ou brouillonnes.