DÉCRYPTAGE. "Je fais tout ce qui est possible" : jachères, eau, estives... quelles sont les mesures prises par l'État pour répondre à l'appel au secours des agriculteurs en Ariège ?
l'essentiel Fauche exceptionnelle des jachères, maintien des restrictions d'eau jusqu'au 9 août et protection des aides PAC en cas de descente anticipée des troupeaux : face à la crise agricole, le préfet de l'Ariège a activé les premiers leviers d'aides. Des décisions locales qui doivent offrir un répit aux exploitants, en attendant d'éventuelles réponses nationales. La Dépêche du Midi détaille les mesures prises en Ariège.
Dans les champs, l'herbe manque. Dans les fermes, les stocks fondent. Et à la préfecture, le ton n'est plus à la prudence. Face à une crise nourrie par la sécheresse, la chaleur et les épisodes sanitaires successifs, le préfet de l'Ariège promet d'activer tous les leviers disponibles à l'échelle locale.
En réponse au manifeste du monde agricole ariégeois, Hervé Brabant ne cherche pas à minimiser l'urgence. "La situation du monde agricole est effectivement très grave", reconnaît le préfet de l'Ariège, qui dit "partager pleinement le constat" porté par la Chambre d'agriculture et les syndicats.
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Dans un département éprouvé par les crises sanitaires, la chaleur et le manque de fourrage, le représentant de l'État assure être en "contact permanent" avec la profession. "À l'échelle du territoire, je fais tout ce qui est possible", insiste-t-il.
Une première soupape doit venir des jachères, dont la fauche a été autorisée par dérogation dans l'ensemble du département. Le fourrage récupéré pourra alimenter des troupeaux qui entament déjà leurs réserves hivernales. La Direction départementale des territoires doit désormais accompagner les exploitants dans leurs démarches.
Pas de durcissement sur les restrictions d'eau
Le préfet a également décidé de ne pas durcir les restrictions d'eau visant l'agriculture avant le 9 août. Un délai destiné à laisser souffler les exploitations. "Cela doit leur permettre d'achever les moissons et de laisser les cultures, notamment le maïs, terminer leur cycle végétatif avant la récolte", explique-t-il.
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La crise gagne aussi les hauteurs. Faute d'herbe ou de points d'eau, certains troupeaux pourraient quitter les estives prématurément. Hervé Brabant veut éviter que ces descentes forcées ne se traduisent par une perte d'aides européennes. "Nous devons pouvoir faire reconnaître des cas de force majeure ou des circonstances exceptionnelles", souligne-t-il.
"Il faut avoir pleinement conscience de la gravité de la situation"
Sur les contrôles, le préfet promet de la souplesse, mais pas un moratoire absolu. Ceux indispensables au versement des aides PAC seront maintenus, les autres situations devant être examinées au cas par cas.
Ces réponses locales ne suffiront toutefois pas à régler la crise des trésoreries et du fourrage. Hervé Brabant a également fait remonter la situation du monde agricole au préfet de Région qui a saisi la ministre de l'Agriculture. Des échanges sont engagés avec le gouvernement. "Il faut avoir pleinement conscience de la gravité de la situation", prévient Hervé Brabant. Sans pluie annoncée, chaque journée supplémentaire resserre un peu plus l'étau autour des exploitations ariégeoises.