DECRYPTAGE. Blocages des lycées : pourquoi "LFI et ses proxys" sont accusés d'être à l'origine du mouvement

l'essentiel Lors d'une réunion de crise, Matignon a accusé La France insoumise (LFI) d'organiser les blocages lycéens, une affirmation rejetée par le député Hadrien Clouet. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a été filmé soutenant les lycéens, tandis que d'autres élus LFI, comme Clémence Guetté, sont également présents sur le terrain.

La note est tombée vers 16 heures, ce jeudi 1er octobre, sur les boucles WhatsApp qui permettent à Matignon de communiquer avec la presse. En style télégraphique, elle résume ainsi l’un des points abordés lors de la réunion de crise organisée par le Premier ministre dans l'après-midi : "Constat partagé par les services de renseignements sur l’origine du mouvement (lycéens NDLR) : manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra gauche".

Des vidéos sur TikTok

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Le parti de Jean-Luc Mélenchon était déjà pointé du doigt depuis que l’un de ses représentants, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, a été filmé en train de haranguer des lycéens de sa ville. Accusé d’instrumentaliser le mouvement, l’élu a justifié sa présence en ces termes, ce jeudi sur France Info : "C'est la place d'un élu, comme je l'étais d'ailleurs dans les grandes mobilisations pour le service public."

Il a aussi maintenu ses propos tenus mardi matin, estimant que "la violence, à un moment donné, peut être légitime". Il n’est pas le seul Insoumis à avoir été aperçu aux côtés des lycéens. C’est aussi le cas des députés Clémence Guetté, Aymeric Caron ou encore Louis Boyard qui poste aussi régulièrement sur TikTok des vidéos de soutien au mouvement.

"Notre présence les protège"

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Les blocages auraient-ils donc été initiés, en douce, par les Insoumis ? "C’est n’importe quoi", estime le député LFI de Haute-Garonne Hadrien Clouet qui ajoute : "C’est de l’intoxication. Personne ne peut accorder le moindre crédit à ces informations. C’est totalement complotiste. Nous ne sommes pas une force secrète." Il en veut pour preuve la diversité des colères : ici un ascenseur en panne depuis des semaines, là le non-remplacement d’une prof en congé maternité, le tout sur fond d’angoisse liée à Parcours Sup. "On n’a pas dit aux lycéens : levez-vous ! En revanche notre présence physique les protège des attaques policières. C’est pour ça que nous sommes à leurs côtés", assure l’élu.

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Il affirme même que les Insoumis ont été surpris par l’arrivée soudaine de ce mouvement. "C’est la première fois que des lycéens ne se mobilisent pas contre une réforme, comme la loi Devaquet en 1986 ou le CPE en 2006 mais pour plus de moyens". Le patron de LFI Manuel Bompard, que La Dépêche a rencontré la semaine dernière, nous assurait d’ailleurs : "Il n’y a jamais de mouvement social de grande ampleur avant une présidentielle car les gens attendent de s’exprimer dans les urnes."

Mais s’ils ne sont pas à l’origine du mouvement, il ne déplairait pas aux Insoumis de le récupérer. "Je me réjouirais que les jeunes gens qui sont en grève votent pour nous en avril lors de la présidentielle ", assume Hadrien Clouet. Alors qu’en 1986, lors du mouvement contre le projet de loi Devaquet, les lycéens répondaient aux accusations de récupération par le parti communiste et la LCR, par le slogan "Nous, on se manipule tout seuls", cette fois, pas de protestations dans les rangs lycéens. Les élus LFI sont chez eux devant les établissements bloqués.