De Huy à Compiègne, le même combat citoyen: "On ne nous donne plus la parole, on ne fait pas confiance à la jeunesse, pourtant, c'est notre futur"

Qu'est-ce que la démocratie ? Et un parti politique ? Comment se prennent les décisions ? Et qu'en pensent nos jeunes qui, aujourd'hui, se retrouvent dans la rue pour exprimer leur colère et leurs frustrations ?

Centré sur l'initiation et l'information du citoyen à la réalité politique, l'atelier Alternatives du centre culturel de Huy a mobilisé une vingtaine de jeunes, ce mardi 20 octobre 2026. Les uns (douze) venus de Compiègne en France, les autres issus d'écoles de la ville de Huy. L'idée ? Leur donner la parole et, le temps d'une matinée, leur permettre de se mettre dans la peau de décideurs politiques.

Un atelier comme un laboratoire d'idées

Inscrit dans le cadre du projet "Jeunesse Compiègne – Huy", et étalé sur la semaine, l'atelier s'est articulé autour de la création fictive d'un parti politique et de son programme qui en découle. "Je suis heureux de voir des jeunes de différents pays confronter leurs idées et débattre de sujets d'actualité, souligne Didier Colemans, porteur du projet Alternatives, les jeunes ont des choses à dire, il suffit de les écouter."

Dialogue citoyen vivant, l'atelier s'est vécu tel un laboratoire d'idées à soumettre avec, en ligne de force des paroles partagées, l'envie de ces jeunes de construire un avenir meilleur pour eux et ceux qui les suivront. "On exprime ce qu'on revendique, clame Justin Thomas, élève de Huy 2, nous voulons défendre notre futur, avoir la parole pour exprimer ce qu'on revendique. On ne nous donne plus la parole, on ne fait pas confiance à la jeunesse, pourtant, c'est notre futur qui arrive !"

Même son de cloche du côté d'une jeune Française, Shaloom, qui, si elle pouvait se faire une idée de la France actuelle, la trouverait "catastrophique" avec un manque de moyens financiers et humains flagrant.

"On a eu la parole et on a pu donner notre avis"

Parmi les thèmes qu'ils défendraient, s'ils étaient au pouvoir, on peut noter la sécurité, l'aide sociale, la santé publique ou encore, l'enseignement, l'égalité des chances et la création de l'emploi. Avec, pour chacun des thèmes débattus, des idées concrètes de changement pour un meilleur fonctionnement de la société actuelle et future.

"Ils sont notre avenir et conscients des problématiques actuelles, insiste Elise Deleuze, échevine hutoise de la Citoyenneté. C'est chouette de voir ces jeunes de Huy et de Compiègne partager sur leurs réalités de vie et discuter de mêmes combats".

En marge de ce dialogue citoyen constructif, les jeunes auront aussi appris à formuler et défendre des points de vue, à fixer des priorités, à critiquer des arguments et à faire des compromis. "C'était intéressant, analyse à son tour Eva, jeune de Compiègne. On a eu la parole et on a pu donner notre avis."


Citoyenneté, culture et intergénérationnel

Essentiellement articulé autour de la citoyenneté, de la culture et de l'intergénérationnel, ce programme de séjour européen à Huy s'étale sur une semaine et concerne des jeunes investis dans des actions citoyennes ainsi que d'autres qui fréquentent le Pôle jeunesse à Compiègne.

L'idée ? Permettre à ces jeunes, encadrés par leurs éducateurs, Alexandre et Sylvie, de découvrir Huy et son patrimoine, mais aussi, de favoriser les échanges entre les jeunes des deux villes jumelées depuis 1959. "C'est une demande des éducateurs du Pôle jeunesse de la ville de Compiègne, souligne Elise Deleuze. Avec Jonida Shaljani, échevine des Jumelages, et les éducateurs français, nous avons coconstruit le programme." À savoir, entre autres, une rencontre avec le Conseil consultatif des aînés, la découverte du marché hebdomadaire et du musée communal, un atelier culinaire avec la Mézon ou encore une partie de bowling.

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