Davantage de protections contre les suicides réclamées sur le pont…

Un autre rapport du coroner recommande de mettre en place des barrières physiques et des mesures plus efficaces pour éviter les suicides du haut du pont Samuel-De Champlain, notamment en faisant appel à des caméras munies de système d’intelligence artificielle.

Au cours des cinq dernières années, des enjeux semblables ont été soulevés par cinq autres coroners dans des cas de suicides survenus à partir du pont qui relie Montréal à Brossard.

Dans son rapport publié fin août sur la mort d’un homme de 24 ans, la coroner Denise Fréchette suggère de « mettre en place des barrières physiques rendant beaucoup plus difficiles les sauts depuis le pont Samuel-De Champlain ».

L’homme en question, qui s’est enlevé la vie vers cinq heures du matin le 19 décembre 2025, avait arrêté son véhicule sur l’accotement alors qu’il circulait sur le pont en direction sud. À cet endroit, note la coroner, la rambarde ne fait que 1,2 mètre de haut et est « très facile à enjamber ».

Quatorze personnes ont mis fin à leurs jours en sautant de la structure depuis son inauguration en juillet 2019, dont 10 à partir de l’accotement en direction sud.

La docteure Denise Fréchette note également qu’il a fallu une heure entre l’immobilisation du véhicule et l’appel aux policiers par le préposé à la surveillance du pont, un délai inexpliqué.

« Est-ce qu’une intervention plus rapide aurait permis d’éviter le pire […] ? Nous ne pouvons pas répondre à cette question. Il faut tout de même plusieurs minutes pour qu’un patrouilleur vienne sur place. L’intervention d’un patrouilleur permet donc de prévenir les cas où la personne suicidaire hésite plusieurs minutes, mais reste vaine dans des situations où cette personne passe à l’acte rapidement », écrit la Dre Fréchette dans son rapport.

La coroner recommande donc de mettre en œuvre des mesures pour réduire les délais de réponse des intervenants auprès de personnes possiblement suicidaires, « notamment en évaluant la faisabilité d’implanter des caméras munies de systèmes d’intelligence artificielle conçus pour détecter précocement ces personnes. »

Elle cite en exemple les quelque 900 caméras installées pour surveiller les 17 ponts qui franchissent le fleuve Han à Séoul, en Corée du Sud.

Celles-ci déclenchent une alarme lorsqu’une personne s’attarde plus longtemps qu’un temps prédéterminé. Le système fonctionnant grâce à l’intelligence artificielle aurait permis de « sauver 96,6 % des personnes concernées ».

Le pont Samuel-De Champlain est actuellement doté d’une soixantaine de caméras qui sont surveillées à chaque 2 ou 3 minutes par un préposé à la surveillance.

« Il n’y a qu’un seul préposé la nuit et en dehors des heures de pointe. Celui-ci n’est donc pas remplacé lors des pauses et du repas », relève Dre Fréchette.

Selon le rapport, le Groupe Signature sur le Saint-Laurent SENC, qui gère l’entretien du pont, a déjà soumis à Logement, Infrastructures et Collectivités Canada des propositions pour améliorer la sécurité et restreindre l’accès au fleuve depuis le tablier du pont.

Ces propositions et les coûts qui y sont rattachés sont toujours en cours d’analyse par le gouvernement du Canada.

Le pont Samuel-De Champlain est déjà doté de barrières dissuasives le long de sa piste multifonctionnelle.


Si vous avez besoin d’aide, vous pouvez téléphoner à la ligne 1 866 APPELLE (1 866 277-3553) ou visiter le site Web suicide.ca.