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  • 2026-07-22 12:04:25 +0000 UTC

    Jul 22, 2026

    Dans les territoires palestiniens occupés, l'aide humanitaire étranglée par les restrictions israéliennes : "Nous nous sommes retrouvés face à un mur"

    Filipe Ribeiro, chef de mission à Médecins sans frontières (MSF), a quitté Jérusalem en février 2026, après expiration de son visa humanitaire. Comme environ 70 travailleurs de l'ONG française (sur 1 500 au total) qui opéraient jusque-là dans la bande de Gaza et en Cisjordanie occupée, il a été contraint de "s'exiler" à Amman, la capitale jordanienne voisine, à la suite de l'interdiction par Israël de poursuivre ses missions en territoires palestiniens occupés (TPO). "Nous avons longuement essayé de négocier avec les autorités israéliennes, mais nous nous sommes retrouvés face à un mur", nous explique-t-il depuis Amman le vendredi 17 juillet.

    Le 1er janvier 2025, Israël a en effet retiré à 37 organisations étrangères les accréditations dont elles bénéficiaient, après le refus de celles-ci de se conformer à de nouvelles règles jugées contraires au droit humanitaire international. Pour conserver ces accréditations, les ONG étrangères s'étaient notamment vu demander de transmettre la liste des noms de leurs employés palestiniens pour des raisons de "sécurité". "On aurait donné des identités de Palestiniens vivant en Palestine, et non pas en Israël, à la puissance occupante, qui, par ailleurs, depuis deux ans et demi, les cible systématiquement", observe Filipe Ribeiro.

    Selon un bilan des Nations unies publié début avril, 589 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dont 397 membres du personnel et collaborateurs de l'Onu.

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    Les travailleurs palestiniens privés de leurs homologues étrangers

    Depuis la mesure israélienne de retrait de ces accréditations, les 37 organisations étrangères fonctionnent tant bien que mal grâce à leurs employés palestiniens, sans main-d'œuvre étrangère sur le terrain. "Nos activités reposent sur des travailleurs locaux en Cisjordanie occupée, nous avons donc pu continuer notre travail", témoigne également par téléphone la Palestinienne Aseel Baidoun, directrice et chargée du plaidoyer de l'ONG Medical Aid for Palestinians (MAP) depuis 2019.

    Cette organisation figure parmi les organisations humanitaires interdites de travail dans les TPO par Israël. L'accès des docteurs et employés venus du Royaume-Uni ainsi que l'arrivée de matériel médical sont "énormément affectés" par l'interdiction, poursuit la directrice, qui condamne l'arrêt forcé de "missions de sauvetage" à Gaza ainsi que des formations dispensées par les médecins étrangers à leurs homologues palestiniens. "Les équipes médicales locales qui opèrent à Gaza souffrent de sévères traumas, et ont vraiment besoin de docteurs internationaux", ajoute-t-elle.

    Filipe Ribeiro partage ce constat. Médecins sans frontières était, jusqu'à son interdiction en territoires palestiniens, un acteur phare de disciplines telles que la chirurgie plastique liée au traumatisme, l'orthopédie, la traumatologie, ou le soin aux grands brûlés. Des spécialités auxquelles le personnel médical gazaoui n'a pas toujours été formé avant le début de la guerre déclenchée suite aux massacres du 7-Octobre 2023. "Toute la chaîne du soin est aujourd'hui touchée par les restrictions, la pénurie, et MSF fonctionne au bout de deux ans et demi en vivant sur la fin de ce qui est disponible", alerte le chef de mission.

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    L'espoir d'un retour en arrière

    Malgré une requête déposée par 19 ONG étrangères auprès de la Cour suprême israélienne en février, les magistrats se sont prononcés en mai en faveur des nouvelles règles imposées par les autorités du pays. De leur côté, les ONG invoquent leur droit à travailler dans les territoires palestiniens occupés en vertu de leur enregistrement auprès de l'Autorité palestinienne, ainsi que l'obligation d'Israël, en tant que puissance occupante, de faciliter les opérations d'aide aux Palestiniens. Un cadre juridique fixé par la Quatrième Convention de Genève.

    "Nous ne renonçons pas, notamment en vue des élections qui se profilent", avance Filipe Ribeiro. "Nous continuerons de pousser pour que les docteurs étrangers de Medical Aid for Palestinians puissent avoir de nouveaux accès aux territoires occupés", confirme Aseel Baidoun, qui voit en ces restrictions la volonté d'Israël d'"empêcher les acteurs internationaux de documenter le génocide à Gaza et les entraves et violations en Cisjordanie occupée".

    Le Hamas s'est rendu coupable de crimes contre l'humanité lors de son assaut en Israël

    Ces radiations interviennent un an et demi après le vote par Israël de deux lois interdisant à l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) d'opérer dans le pays. Les législateurs avaient alors accusé l'agence d'employer des personnels proches du Hamas ou de groupes armés. Une enquête du Bureau des services de contrôle interne des Nations unies, achevée en août 2024, a échoué à étayer ces incriminations. L'État hébreu, de son côté, n'a pas fourni de preuves suffisantes, selon l'Onu, concernant ses accusations générales d'infiltration par le Hamas.

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