D'Ottignies à Saint-Jacques-de-Compostelle: le défi sportif et caritatif de Jean-Sébastien Struyf

Cet été, Jean-Sébastien Struyf a relié Ottignies à Saint-Jacques-de-Compostelle à vélo. Parti le 17 juillet, l'Ottintois est arrivé le 6 août, après quelque 2 200 km de route. Un défi sportif, et une aventure personnelle.

"J'ai réalisé ce périple pour diverses raisons. C'était un défi sportif, mais aussi une quête personnelle", explique Jean-Sébastien Struyf. Son voyage avait aussi une dimension familiale: il y a 29 ans, son père, originaire d'Anvers, avait parcouru à vélo une partie du même itinéraire avec son frère jumeau. Tous deux avaient rejoint le sud de la France en voiture avant d'enfourcher leur vélo jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle, en suivant le Camino Francés, ou Chemin Français.

Un défi sportif, mais aussi solidaire

Cette fois, Jean-Sébastien Struyf est parti d'Ottignies, depuis les locaux de l'ASBL MamaBW. Ses enfants l'ont accompagné durant les tout premiers jours.

L'aventure avait également une dimension solidaire. L'Ottintois souhaitait récolter des fonds pour MamaBW, la Maison maternelle du Brabant wallon, une ASBL ottintoise qui accueille des femmes en situation de détresse sociale, enceinte et/ou accompagnées d'enfants.

"Dans un projet comme le mien, la notion de partage est importante. Soutenir cette ASBL, qui est d'Ottignies et dont le président est un ami, me tenait à cœur."

Après avoir quitté le Brabant wallon, le cycliste a mis le cap sur la France, se dirigeant vers Saint-Quentin et Chantilly, avant de poursuivre vers Tours. Il a contourné Paris et est notamment passé devant le château de Versailles. Mais les incendies qui ont ravagé la Gironde et les Landes l'ont contraint à modifier son itinéraire.

"Beaucoup de routes étaient fermées et l'accès aux Landes était interdit. Je suis donc passé à l'ouest de Bordeaux, en longeant la côte. Dans un endroit autorisé, j'ai toutefois dû traverser le nuage toxique. J'ai ensuite retrouvé les Landes quand j'ai pu, avant de poursuivre vers l'Espagne et le Camino Francés, qui n'est d'ailleurs pas toujours agréable pour les cyclistes."

115 km par jour pendant trois semaines

Les difficultés physiques se sont surtout concentrées sur la fin du parcours, lorsque les dénivelés sont devenus plus importants. "Quand la pente était trop raide pour moi, je montais à pied", sourit-il. Au total, l'Ottintois a parcouru environ 115 km par jour pendant trois semaines.

Le périple n'a pas été sans difficultés. "J'ai eu quelques moments de faiblesse. Je me suis aussi intoxiqué avec mon bidon d'eau que je ne nettoyais pas correctement. Mais je me suis vite remis sur patte."

Et de continuer: "Les 100 derniers kilomètres, il y a énormément d'Espagnols qui parcourent les dernières étapes du chemin vers Compostelle. Plus on se rapproche de la ville, plus l'émotion prend le dessus, même si c'est difficile à décrire. Il y a aussi les cornemuses galiciennes qui vous accueillent. Et comme on souffre bien les derniers jours, cela renforce les émotions lorsqu'on atteint la destination."

L'arrivée à la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle constitue l'un des moments forts du voyage. Et muni de sa Credencial, le passeport des pèlerins, et des tampons attestant de sa progression, Jean-Sébastien Struyf a obtenu la Compostela, le certificat délivré aux pèlerins ayant accompli leur parcours.

Son premier tampon, il l'avait obtenu avant même son voyage, à l'église Saint-Jacques d'Anvers, où son père, avait, lui aussi, été chercher son premier cachet.

"Mon voyage m'a permis de me retrouver, de me découvrir aussi. Et puis, de façon fortuite, j'ai parfois vécu les mêmes choses que mon père. Un jour, par exemple, j'ai rencontré un berger et ses moutons quasiment au même endroit que lui. Le voyage a ainsi été accompagné de nombreux clins d'œil."

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