Cyclisme. Tracé dantesque et adversaires affûtés... La Vuelta sera-t-elle vraiment une promenade pour Pogacar ?

C’est le dernier Grand Tour de la saison, mais cela pourrait être le premier maillot rouge de leader pour Tadej Pogacar. Le Slovène est ultra favori au départ du Tour d’Espagne (22 août-13 septembre), qui s’élance dans la principauté de Monaco ce samedi (à partir de 16h17). S’il réussit son pari de l’emporter à l’arrivée finale à Grenade, il deviendrait le neuvième coureur de l’histoire à remporter les trois Grands Tours (Giro, Tour de France, Vuelta), et le deuxième à s’imposer successivement dans l’Hexagone et dans la péninsule ibérique. « Je vais donner le meilleur pour réussir à gagner, a affirmé le cycliste de 27 ans jeudi en conférence de presse. Remporter les trois Grands Tours est un grand objectif, un rêve depuis quelques années. »

Le quintuple vainqueur du Tour de France va enchaîner pour la première fois avec la Vuelta. « Il y a eu assez peu de temps depuis le Tour, mais je pense que c’était suffisant pour récupérer », a assuré le Slovène, sacré sur les Champs-Élysées le 27 juillet dernier. L’actuel leader d’UAE Team Emirates XRG avait participé pour la seule et unique fois au Tour d’Espagne en 2019, où il avait alors terminé troisième du général à seulement 19 ans et meilleur jeune, après avoir remporté trois étapes pour son premier Grand Tour.

Un parcours plus accidenté que jamais

Le récent Maillot Jaune de la Grande Boucle a la chance d’entamer sa quête de maillot rouge « à domicile », lui qui habite sur le Rocher. « Le départ est très proche de chez moi, donc je suis impatient et j’espère que mes jambes seront bonnes », a déclaré le Monégasque d’adoption. Le Tour d’Espagne commence en effet par un contre-la-montre inédit au départ du Casino de Monte-Carlo jusqu’au boulevard Albert 1er, où se trouve habituellement la ligne d’arrivée du Grand Prix de Formule 1. Les 9,4 km du chrono reprennent d’ailleurs une grande partie du tracé du circuit automobile urbain, en passant par exemple par le virage Fairmont, le tunnel Louis II ou la chicane de la Piscine.

Si Pogacar s’avance en favori, il devra toutefois se défaire d’un parcours exigeant durant les trois semaines de course et les 21 étapes. Car avant d’espérer monter sur la plus haute marche du podium devant le site majestueux de l’Alhambra à Grenade en Andalousie le 13 septembre prochain, le champion du monde en titre et les 183 autres coureurs engagés auront 3275 kilomètres à parcourir et 58 000 mètres de dénivelé positif à encaisser. Ce Tour d’Espagne 2026 est ainsi l’un des Grands Tours les plus montagneux jamais disputés.

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« Je ne peux pas finir la Vuelta complètement détruit »

Ce profil très accidenté à travers quatre pays (Monaco, France, Andorre, Espagne) pourrait plaire à certains coureurs qui vont tenter de faire échouer les plans de l’ogre slovène. D’autant que le peloton est délesté de plusieurs prétendants au podium qui ont préféré miser sur les Mondiaux fin septembre à Montréal (Canada), comme Remco Evenepoel, Isaac Del Toro ou le Français Paul Seixas. Le tenant du titre espagnol, le Danois Jonas Vingegaard, est lui hors course après sa chute lors de la Grande Boucle. Son équipe Visma-Lease a bike pourrait toutefois viser des victoires d’étape, notamment avec Wout Van Aert, appuyé par les Tricolores Bruno Armirail et Christophe Laporte.

Du côté de Red Bull-Bora-hansgrohe, Primoz Roglic ambitionne un 5e sacre sur la Vuelta, mais un accident à l’entraînement fin juillet, et la présence de son compatriote Pogacar, pourrait contrecarrer ses objectifs. /// «Au lieu de me préparer, j’ai suivi une rééducation, a commenté Roglic jeudi. Enfiler mes chaussettes était la chose la plus difficile à faire il y a trois semaines. Je ne peux toujours pas m’allonger sur le côté droit, mais je suis suffisamment en forme pour prendre le départ de la Vuelta. »

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Joao Almeida, le principal lieutenant de “Pogi” en Espagne, est également un sérieux candidat au podium, après avoir fini dauphin de Vingegaard l’an passé. Mads Pedersen, Maillot Vert dans l’Hexagone, veut aussi marquer de son empreinte le palmarès de la Vuelta. « On peut viser cinq à sept étapes », a déclaré le Danois de l’équipe Lidl-Trek.

Le leader de la formation Decathlon CMA CGM Felix Gall a lui aussi une carte à jouer après sa 2e place sur le Giro en mai dernier. L’Autrichien aura le soutien du jeune Auvergnat Léo Bisiaux, 21 ans. Côté Français, le Lyonnais Clément Berthet (Groupama-FDJ United) et le Haut-Savoyard Valentin Paret-Peintre (Soudal-Quick Step) pourront tenter de se distinguer lors des étapes de montagne.

Pour Pogacar, le défi espagnol est d’autant plus ambitieux que le coureur ne ferme pas la porte aux prochaines dates du calendrier. « Je verrai comment sera ma forme lors des premières étapes, a-t-il réagi jeudi. J’aurai encore trois grandes courses au programme après le Tour d’Espagne avec les Championnats du monde, les Championnats d’Europe et le Tour de Lombardie. Je ne peux pas finir la Vuelta complètement détruit. » L’ogre a faim, et il le fait savoir.