Crue dans l'Himalaya: les sauveteurs traquent les disparus, le Népal alerte contre les arnaques aux dons
Au Népal et au Tibet, des milliers de sauveteurs sont mobilisés après la crue meurtrière qui a eu lieu mercredi 26 août. La catastrophe a fait plus de 600 morts, plusieurs milliers de disparus et les dégâts sont immenses. La classe politique invoque le changement climatique après les inondations dévastatrices et le gouvernement appelle également à la méfiance sur les campagnes de dons en ligne.
Publié le : 29/08/2026 - 19:38
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Pour la députée Khusbu Oli, membre du parti Rastriya Prajatantra à la Chambre des représentants du Népal, il s'agit tout simplement d'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire récente.
« Des villages et des petites villes entières ont été dévastés ; les habitations et les infrastructures publiques ont tout simplement été balayées. Seules quelques personnes ont réussi à se mettre à l’abri en se réfugiant sur les hauteurs avant que la crue ne les atteigne, certaines de justesse, à quelques secondes près. Des communautés et des localités entières situées le long du cours de la rivière ont été gravement touchées », indique la députée.
Les opérations de secours et de recherches se poursuivent, mais elles sont rendues complexes par le relief montagneux. « Les secours, l’armée népalaise et la police ont secouru des personnes piégées à l’intérieur de tunnels hydroélectriques. D’autres personnes bloquées dans des bâtiments ont aussi été évacuées. Mais les opérations de secours se déroulent avec une extrême prudence, car la Chine a mis en garde contre une potentielle nouvelle crue… Cela crée un risque supplémentaire et très grave tant pour les survivants que pour les équipes de secours. »
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Les autorités mettent en garde contre la menace croissante du changement climatique. « Le Népal émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, mais nous, le peuple népalais, sommes parmi les principales victimes du changement climatique », a critiqué le ministre népalais des Affaires étrangères Shisir Khanal. « Nous appelons donc la communauté internationale à s'unir pour préserver l'écosystème himalayen », a-t-il ajouté. La députée Khusbu Oli appelle également à une prise de conscience mondiale du changement climatique, en particulier des pays les plus pollueurs.
Ce à quoi nous assistons aujourd’hui ne doit pas être considéré comme une simple catastrophe nationale. C'est un avertissement concernant une région bien plus vaste et [c'est aussi l'avertissement] d’une crise climatique mondiale.
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Khusbu Oli, députée népalaise, membre du parti Rastriya Prajatantra
Sarah Krakovitch
S'accrocher à une lueur d'espoir
L'inquiétude grandit au fil des jours. Pour autant, il est trop tôt pour perdre espoir, affirme Sudip Silwal, directeur d'un portail d'information en ligne Janabodh. « Les personnes coincées dans les tunnels travaillent dans les centrales hydroélectriques. Environ 900 travailleurs de ce secteur d'activités sont portés disparus. Les recherches se font avec des drones et plus de 300 d'entre eux ont pu être sauvés. On a retrouvé des bouteilles d'eau dans ces tunnels, c'est comme ça qu'ils ont survécu. Il y a espoir que les autres soient en vie. Ils sont introuvables, pas morts », nuance-t-il.
Sudip Silwal poursuit : « Nos journalistes sur place nous ont dit que plus de 500 personnes sont privées de réseau. On pense qu'elles sont vivantes et pourront reprendre contact. Les réseaux électriques et les antennes de réseau mobile ont été détruits. Les opérateurs de Kathmandou n'ont pas encore réussi à accéder à certains endroits pour rétablir la connexion. Il y a aussi les chauffeurs de tourisme, il est possible qu'ils soient parvenus à se réfugier dans des zones sûres et qu'il pourront contacter leurs familles et les autorités. »
Les difficultés d'accès aux zones touchées rendent difficiles toute évaluation des dégâts. Selon la Croix-Rouge, au moins 93 000 personnes pourraient avoir été touchées par cette crue dévastatrice.
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Alerte aux arnaques en ligne pour aider les Népalais
Les appels aux dons se multiplient pour aider le Népal et le Tibet. Katmnadou et la presse népalaise mettent toutefois en garde contre la prolifération des arnaques aux dons en ligne. Le gouvernement a également demandé à Meta et TikTok de surveiller ses plateformes et de supprimer les vidéos générées par intelligence artificielle et les appels aux dons frauduleux.
Dans une vidéo, un utilisateur se filme en train de scanner un QR code affiché comme étant le lien vers la plateforme officielle de dons du bureau du Premier ministre népalais. Mais une fois le code scanné, il renvoie vers le compte bancaire d'un parti politique.
Sudip Silwal alerte sur la prolifération d'arnaques de ce type depuis la catastrophe. « Partout dans le monde, les Népalais sont mobilisés pour aider les autorités », constate le journaliste Le gouvernement a centralisé les dons en un compte unique : le Prime Minister's Disaster Relief fund. Nous rappelons à tous ces donateurs qu'il ne faut pas transférer de fonds à des particuliers ou à des organisations. Ce sont des arnaques. Il faut vérifier qu'au moment de scanner, le nom du bénéficiaire n'est pas différent », insiste-t-il.
Impossible à ce stade de chiffrer l'ampleur de ces fraudes. Le journaliste explique que les réseaux sociaux sont inondés de vidéos générées par intelligence artificielle, utilisées pour détourner l'attention et les dons à destination des victimes.
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