Coupe du monde d'e-sport: un grand final «émouvant» pour clôturer la compétition

La coupe du monde d'e-sport (EWC) s'est conclue dimanche 23 août par la finale de la compétition de Counter-Strike 2 à l'Accor Arena de Bercy, à Paris, en France. La team Spirit, grande favorite, s'est imposée face à l'outsider, FUT, qui a tenu la dragée haute à ses adversaires pendant la majeure partie de la rencontre. Malgré la défaite, le manager de FUT, Nathan Cloirec, revient pour RFI sur une compétition formatrice pour sa jeune équipe, avec une saveur toute particulière pour lui.

Publié le : 24/08/2026 - 23:26Modifié le : 24/08/2026 - 23:42

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RFI : Dans une interview, vous vous qualifiez de « babysitter du groupe ». En quoi consiste concrètement le travail de manager d'une équipe e-sport, qui plus est sur un jeu à cinq joueurs comme Counter-Strike 2 ?

Nathan Cloirec : Peu importe le jeu, les tâches sont souvent variées, mais sur CS [Counter-Strike, NDLR] encore plus. Je m'occupe en partie du planning, de la coordination avec les organisateurs de tournois et de la gestion du groupe au quotidien. Concrètement, ça peut aller de répondre à n'importe quelle question des joueurs, à les aider dans n'importe quelle tâche, que ce soit pour avoir un visa, pour s'enregistrer à un vol, pour faire une demande à un hôtel, ou encore les accompagner lorsqu'ils font leurs factures. Je fais aussi l'intermédiaire entre le club et eux.

Ça demande de l'adaptation, notamment au niveau de la langue. Initialement, FUT avait signé une équipe composée uniquement de francophones mais on est passé, au bout de quelques mois à une équipe complètement internationale. Actuellement, on a deux Ukrainiens, un Kosovar, un Lituanien et un Turc. Il faut prendre en compte la culture des joueurs, qui peut être très différente entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest. Comme ils sont très jeunes, entre 17 et 23 ans, il faut vraiment leur apprendre beaucoup de choses. 

Lors de la coupe du monde d'e-sport (EWC), vous êtes arrivés jusqu'en finale où vous vous êtes finalement inclinés trois manches à une face au favori Spirit, que vous avez toutefois réussi à malmener. Quel bilan dressez-vous de la compétition et de cette ultime rencontre, un jour après ?

Si on nous avait dit avant la compétition que l'on atteindrait les finales, on aurait signé tous les jours, dès le départ. Mais forcément, il y a encore un peu de déception. On a perdu une finale que l'on aurait pu gagner. C'est ça le pire. Si on avait perdu chaque manche 13-5, 13-6, 13-7, ça aurait été moins douloureux.

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Ceci étant dit, d'un point de vue positif, ça signifie que l'équipe est capable d'accrocher tout le monde. On a évidemment fait des erreurs dues à l'inexpérience, mais bon, on ne peut pas vraiment en tenir rigueur aux joueurs, étant donné que c'est la première grosse arène qu'ils font de leur vie [un peu moins de 10 000 spectateurs, NDLR]. Le public hurlait très fort, et dans ce genre de situation, un joueur n'entend pas tout ce qu'il entend habituellement dans son casque lorsqu'il s'entraîne tranquillement chez lui. C'est une chose dont Spirit, en face, a déjà pu faire l'expérience plus d'une fois. Mais nous avons quand même réussi à performer correctement dans cet environnement.

Vous enchaînez dans quelques jours avec le Blast Open, pour lequel vous disputerez votre première rencontre le 27 septembre à Copenhague. Comment préparez-vous cette compétition après vos très bons résultats à l'EWC ?

Comme à chaque fois, on va essayer de prendre chaque match l'un après l'autre. Les phases de groupe vont être plus compliquées à passer que celles de l'EWC. Les groupes sont plus relevés et il y a moins d'équipes. Donc au global, le niveau moyen est meilleur car seules les meilleures équipes ont été invitées. Mais on ne se met pas la pression sur le résultat du tout. Ce n'est pas parce que nous avons été en finale juste avant que nous nous sentons obligés de réitérer immédiatement la performance. On sait qu'il y a forcément eu une partie de chance. Les étoiles se sont alignées pour nous à l'EWC, on le sait. Bien que nous ayons été très bons, ça nous a fatigués d'aller jusqu'en finale et de maintenant enchaîner avec cette nouvelle compétition. Au niveau du classement, nous sommes quasiment assurés de jouer le prochain major [prévu à Singapour entre novembre et décembre 2026, NDLR] si on ne fait pas n'importe quoi sur nos deux prochains tournois.

Depuis plusieurs années maintenant, l'e-sport est de plus en plus reconnu comme une discipline à part entière, sur le plan sportif et culturel. Plusieurs structures françaises ont notamment mis en avant la scène e-sportive dans l'Hexagone sur différents jeux. Comment voyez-vous l'organisation, en France, d'événements à la visibilité aussi importante que l'EWC ?

En tant que fan de Counter Strike et de l'e-sport de manière générale, je trouve ça vraiment bien. C'est une passion pour moi et c'est vraiment très sympa qu'il y ait plus de gens qui puissent le découvrir. À titre personnel, j'étais derrière, dans les coulisses, quand mon équipe et les joueurs ont fait leur entrée sur scène et je n'étais pas loin de verser une petite larme quand ils sont arrivés les uns après les autres. C'était en France, chez moi, à Paris, devant beaucoup de Français. Ce moment était assez émouvant pour moi.

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