Coupe du monde 2026. Beckham, marijuana, bbq texan : les coulisses du Mondial dans les yeux de notre envoyé spécial
Boston. Le quartier de Back Bay. La maison, quoi ! Durant ce périple, Boston a été un refuge, la ville où les suiveurs de l’équipe de France ont passé la majorité de leur temps. Une ville très agréable, à l’Européenne, dans laquelle je me suis rapidement senti comme chez moi. Avec les petites habitudes que l’on prend rapidement et qui installent une forme de routine agréable.
Back Bay, ce sont aussi les rues animées qui ont accueilli une (bonne) partie de la presse écrite française. Et Newbury Street pour aller manger un bout. Et quand il est trop tard (après 22h), parce que rentrer de Foxborough où est le Gilette Stadium n’est pas toujours une sinécure, il faut se débrouiller. Traduire : aller dans un fast-food pour ne pas dormir l’estomac vide. Après la qualification face au Maroc, direction le Shake Shack, tenir la porte à un compatriote et s’apercevoir dans la file d’attente que c’est Nagui. L’animateur vedette, intime de Didier Deschamps, passe quasiment inaperçu dans son maillot noir. Mais il est vite démasqué par d’autres Français avec qui il prend le temps de parler.
Un jumelage avec Glasgow
Boston l’Irlandaise s’est aussi transformée en Boston l’Écossaise le temps d’une dizaine de jours lorsque la Tartan Army a envahi le downtown. Exubérants, festifs, les Scottishs ont mis une belle ambiance et on n’a pas résisté à aller trinquer avec eux, quitte à prendre une demi-heure de cornemuse dans les oreilles. Leur passage a tellement marqué la population locale, plutôt sur la réserve, que la maire Michelle Wu envisage un jumelage avec Glasgow.
Boston, c’est aussi, devant le MIT et Harvard, se sentir tout petit. Et sentir, également, une odeur de marijuana prégnante à tous les coins de rue puisque l’usage récréatif est toléré dans le Massachusetts comme à New York ou à Philadelphie d’ailleurs. Mais même à Dallas et Miami, ces odeurs interdites dans le Texas et en Floride flottaient sur Main Street ou Ocean Drive.
Dallas, justement, c’est chercher un centre-ville qui n’existe pas, ou alors différemment. Et se rendre évidemment à l’angle de Elm Street et Houston Street, à Dealy Plaza, pour voir où a été abattu JFK. Croiser sur place une partie du staff des Bleus, Guy Stéphan en tête, le matin de la demi-finale, car ce moment d’Histoire continue à fasciner bien au-delà des USA.
La Beckham Family au Texas Grill
Faute de temps, pas de rodéo, mais un BBQ texan chez Terry Black’s Barbecue. Ils savent y faire, il n’y a pas à dire, avec leurs énormes grills sur lesquels toutes sortes de viandes prennent la température. Pendant le repas, un mouvement de foule indique l’arrivée d’un invité : il s’agit de Sir David Beckham qui file dans les cuisines avant de s’installer à une table en compagnie, entre autres, de sa femme Victoria. On avait déjà eu l’occasion de le croiser lors d’Angleterre – Ghana (quelle ambiance mise par les fans des Black Stars !), lorsqu’il passait d’une loge à l’autre.
David Beckham. Photo Julien-Thomas Will
Disponible pour ses fans, une fois le ventre bien rempli, l’ex-Red Devil, énorme star outre-Atlantique, a pris cinq minutes pour sacrifier à une séance de selfies, sous le regard des gardes du corps, avant de s’éclipser dans un gros SUV noir. Nagui, lui aussi, était de passage…
Dallas, c’est aussi tomber sur Joan Laporta en rentrant à l’hôtel. Le président du Barça papote tranquillement avec un ami. Le lendemain, après la victoire de l’Espagne face à la France, il enchaînera les photos avec des supporters de la Roja très festifs. Aller de ville en ville, c’est souvent prendre l’avion tôt le matin, accumuler un peu (beaucoup) de fatigue certes, mais surtout voir du pays. Et comprendre qu’il existe plusieurs pays en un aux Etats-Unis. On n’a pas la même vie à Miami qu’à « Philly ». En Floride, c’est le règne du body que l’on expose avec fierté, shape or not shape, une forme de m’as-tu-vu généralisée. Surprenant quand on n’est pas habitué. À Philadelphie, ce n’est pas le même état d’esprit. Dans la « grande banlieue » de New York, à 50 minutes de train, on a le cheesesteak facile, ce sandwich que l’on partage volontiers lors d’un tailgating en attendant le derby contre les Mets en baseball.
Les Roots et Wills Smith à « Philly »
Vivre les 250 ans de l’Indépendance des Etats-Unis dans le berceau de la démocratie américaine, c’est également passer un 4-Juillet spectaculaire. Avec pour clôturer la soirée, un concert gratuit avec les Roots et Will Smith, un des peoples de la cité avec Rocky et Benjamin Franklin. Une chance.
Être à New York, en est une autre. Même si on aurait aimé que les Knicks ne battent pas les Spurs en cinq matches alors que tout était prêt pour le Game 6, au Madison Square Garden, à 15 minutes de notre hôtel. On n’a pas été verni sur ce coup-là, puisqu’on est également reparti avant la parade de Jalen Brunson et sa bande. On ne peut pas gagner à tous les coups !
L’aventure américaine avait d’ailleurs commencé dans un pub de Boylston Street, quelques heures après notre arrivée, par le match 2 de la finale NBA avec un chambrage en règle entre la presse française et les supporters new-yorkais à chaque panier de « Wemby ». Elle nous a menés sur une large partie de la côte Est et un peu dans les terres, à l’ombre des buildings rutilants de la 5e avenue ou des ranchs texans, sans effacer la (grande) pauvreté qui affecte une partie de la population dès lors qu’on sort de l’hypercentre.
Ce voyage en ballon ne nous a permis que de survoler l’âme des Etats-Unis, déconstruisant certains clichés, en alimentant d’autres. On reviendra pour confirmer tout ça.