Coup de théâtre pour Donald Trump : l'enquête sur Jerome Powell ne trouve aucun motif de poursuites
L'inspection générale de la Réserve fédérale américaine (Fed) n'a trouvé aucun élément justifiant des poursuites pénales contre son ex-président Jerome Powell, dans une affaire de travaux qui a occupé pendant des mois l'esprit de Donald Trump.
Le président et ex-promoteur immobilier avait jugé suspect le dérapage de la facture du chantier de rénovation du siège de la banque centrale à Washington.
Il avait fini par soutenir l'ouverture d'une enquête judiciaire à l'encontre de celui qui dirigeait alors l'institution, Jerome Powell.
Celui-ci avait révélé l'existence de la procédure en janvier, dénonçant un "prétexte" et une attaque sans précédent contre l'indépendance de la banque centrale, chargée notamment de lutter contre l'inflation.
Le chef de l'État cherchait depuis des mois à l'évincer au motif qu'il pilotait une politique monétaire trop austère à son goût.
L'ex-président de la Fed reçoit un prix pour avoir résisté aux pressions de Trump : "Des années d'attaques personnelles et de menaces""À aucun moment au cours de notre évaluation, nous n'avons trouvé de motifs raisonnables de croire qu'une infraction au droit pénal fédéral a été commise, justifiant un renvoi" devant la justice, écrit l'inspection générale (OIG) de la Fed dans un rapport mis en ligne mercredi.
"Bien que notre rapport mette en évidence des lacunes dans la gestion du projet de rénovation, (...) nous n'avons pas constaté de faute administrative au cours de notre évaluation", ajoute l'organisation.
Le coût du projet de rénovation et d'agrandissement - toujours en cours dans la capitale américaine - était passé de 1,3 milliard de dollars en février 2020 à près de 2,4 milliards en décembre 2024, est-il précisé dans le document.
La Réserve fédérale a notamment expliqué avoir fait face à une flambée des coûts de construction (matériaux, main-d'oeuvre) sur la période.
L'OIG avait été saisie par M. Powell lui-même en juillet 2025, alors qu'il faisait face à un feu roulant de critiques de la part du chef de l'État concernant le niveau des taux d'intérêt.
"Chasse aux sorcières"
Après l'avoir déclaré incompétent, Donald Trump a commencé à mettre en cause sa probité. Selon lui, l'envolée du coût des travaux de rénovation du siège de la Fed pouvait difficilement s'expliquer autrement que par une "fraude".
Il s'était même fendu d'une visite surprise du chantier fin juillet 2025, casque sur la tête, au côté de Jerome Powell.
Le chef de l'État n'a ensuite pas découragé la procureure Jeanine Pirro quand elle a lancé une procédure pouvant aboutir à des poursuites pénales contre le banquier central.
La révélation de cette démarche en janvier 2026 par Jerome Powell avait déclenché une levée de boucliers du monde économique, soucieux de préserver l'indépendance de l'institution.
Elle avait aussi fissuré la majorité républicaine, bloquant la nomination du successeur de M. Powell (dont le mandat prenait fin au printemps) désigné par Donald Trump, Kevin Warsh.
La procureure Pirro, nommée par le président, a fini par clore l'enquête en avril, laissant l'affaire entre les mains de l'inspection générale.
Et M. Warsh a pu prendre ses fonctions.
Une attaque "sans précédent" contre le président de la Banque centrale américaineLe rapport confirme "que la procureure fédérale Jeanine Pirro et le ministre de la Justice Todd Blanche, fidèles serviteurs de Trump, n'ont aucune base pour relancer la chasse aux sorcières" contre Jerome Powell, a réagi la sénatrice démocrate Elizabeth Warren dans un communiqué.
"Le président devrait arrêter d'essayer de limoger les gouverneurs de la Fed pour dissimuler ses échecs économiques et mettre plutôt fin à ses droits de douane chaotiques et à sa guerre en Iran", a-t-elle ajouté.
Le président américain, qui avait également tenté de renvoyer la gouverneure Lisa Cook, en a été empêché par la Cour suprême.
M. Powell siège toujours à la Fed, en tant que simple gouverneur. Il a expliqué préférer y rester tant que subsistent des pressions à son encontre.
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