Constructeurs chinois : le grand retour de la copie ?

Après quelques années d’accalmie, les constructeurs chinois ont remis en route la grande photocopieuse. Les copies se multiplient, mais avec un grand changement dans la source d’inspiration. Néanmoins, espérons que ce phénomène sera passager.
Dans leurs premières années, les constructeurs chinois ont largement usé de la copie, plus ou moins déguisée. Certaines copies de Range Rover Evoque, Porsche Macan ou BMW X5 sont mémorables. Certains concepts européens, américains ou japonais voient même leur version de série sortir en Chine avant même le modèle original prévu. Si elle est fréquente, la copie brute est loin d’être une garantie de succès. Au contraire même, puisque son plus ardent « défenseur », Zotye, en est mort…

Mais aux côtés de ces copies radicales, n’oublions pas que les véhicules les plus copiés avant 2015 se nomment Toyota Corolla, Honda Civic, Toyota Rav4 et Honda CR-V, moyennant des modifications plus ou moins subtiles.
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Développement d’une identité
Au début des années 2010, après l’échec de leur première tentative de percée à l’export, les constructeurs chinois prennent conscience qu’il leur faut développer une identité. Ils commencent alors à construire des équipes de design dirigées par de grands noms. Ils implantent aussi des studios en Europe, en particulier à Turin ou à Munich. Peu à peu la copie va s’estomper.
L’exemple le plus marquant est celui de BYD. Jusqu’en 2017, le constructeur est un fervent adepte de la copie. Sa gamme se compose alors pêle-mêle de copies de Toyota Corolla, Lexus RX, Honda Accord, Ford Ecosport, Renault Captur, Toyota Previa ou Toyota Aygo. Venu de chez Volkswagen, Wolfgang Egger va imposer un style maison, la Dragon Face.

Mais que se passe-t-il ?
Mais les derniers mois ont montré un retour en force de la copie. Le salon de Pékin en était rempli. Chaque présentation de nouveau modèle est à nouveau l’occasion de parler de copie, bien mal déguisée. Le Zeekr 9X a été surnommé le Cullinan de Hangzhou Bay (siège de Geely) par la presse chinoise, tandis que le Xpeng GX ne cache nullement son inspiration de Range Rover. La Porsche Taycan a une énième fois servi de source d’inspiration à MG pour la MG 07. Et avec la Chery Arrizo 7, on se croirait revenu 15 ans en arrière avec une copie évidente d’une Audi.
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Les constructeurs chinois sont ils en manque de créativité ?
Mais ce qui est nouveau, c’est que les constructeurs chinois puisent désormais une grande partie de leur inspiration… chez leurs compatriotes. Sur un marché hyper concurrentiel, la prise de risque est devenue inexistante. Surtout quand il faut aller de plus en plus vite pour sortir un nouveau modèle. Le temps nécessaire pour chercher un nouveau design, réaliser les études auprès des clients potentiels est insuffisant.

On se contente donc de copier le succès des autres en espérant en profiter à son tour. Ainsi, on ne compte plus les copies de Xiaomi SU7 ou YU7. Exemple typique, le nouveau crossover de Luxeed (marque de Chery / Huawei) part du principe que le YU7 est inspiré du Ferrari Purosangue. Il prend donc la même inspiration en la masquant encore moins. En réalité, Luxeed ne copie pas Ferrari, mais Xiaomi.
Autre exemple. FAW est bien en peine avec sa marque Bestune. Pour lancer sa nouvelle berline, il a donc simplement décalqué la berline électrique qui a lancé la marque Galaxy de Geely. Jusqu’à la couleur et au dessin des jantes…
Prise de conscience
Néanmoins, cette pratique pourrait tourner court. En effet, les médias européens s’en sont largement fait l’écho à l’occasion du salon de Pékin. Mais les médias chinois ont également fustigé ce manque d’inspiration et ce recours à la copie. Mi-juin, le fondateur de Geely, Li Shufu, a lui aussi taclé la copie. Il a comparé cette pratique aux fast-foods en soulignant qu’elle menaçait la survie des marques.
Les nouveautés qui arriveront en Chine en 2027 et 2028 nous diront si cette prise de conscience est suivie d’effets.