Consommation. Produits bio : présentation trompeuse, étiquetage... ces dérives épinglées par la DGCCRF

Chaque année, les enquêteurs de la DGCCRF effectuent des contrôles pour s’assurer que les professionnels qui commercialisent des produits biologiques respectent l’ensemble de la réglementation. Et des cas de fraudes sont mis au jour.

Delphine Bancaud -

Hier à 21:30

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L’absence d’indication de l’origine des matières premières et du numéro de l’organisme certificateur, alors que le logo AB est apposé fait partie des anomalies constatées. Photo d'illustration Sipa/Michel Gile

Des consommateurs prêts à payer plus cher pour consommer du bio, mais qui sont parfois pris pour des pigeons. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a dévoilé ce mercredi le bilan de ses contrôles en matière d’alimentation durable. En 2024 et 2025, plus de 4 800 professionnels produisant ou vendant des produits issus de l’agriculture biologique ont été contrôlés. Résultats : de nombreuses irrégularités, ainsi que des pratiques trompeuses ont été démasquées. Et 15,5 % des professionnels contrôlés ont fait l’objet de suites correctives et répressives, avec plus de 650 injonctions de mise en conformité et plus de 130 procès-verbaux pénaux. « Les plus forts taux d’anomalie ont été relevés dans le secteur du commerce de détails et des services », précise Ambroise Pascal, délégué à la transition écologique à la DGCCRF.

Entourloupes les plus fréquentes : la présentation de produits comme issus de l’agriculture biologique alors qu’ils ne le sont pas, l’absence de certification par un organisme certificateur ou de notification de l’activité à l’agence bio, l’utilisation d’additifs interdits en agriculture biologique et le non-respect des règles d’étiquetage des produits biologiques.

Des consommateurs lésés

Parmi les pratiques commerciales trompeuses relevées par les enquêteurs figure le cas d’un producteur de champignons qui vendait, en plus de sa propre production certifiée bio, plusieurs tonnes de champignons conventionnels achetés auprès d’un grossiste. Autre exemple édifiant : le rayon boucherie en libre-service d’une grande surface mettait en avant le logo agriculture biologique accompagné de la mention « Viande bovine Bio, le pouvoir d’acheter français » alors qu’aucune des barquettes de viande bovine en vente lors du contrôle n’était issue de l’agriculture biologique et que la moitié n’étaient pas d’origine française. « Ces pratiques sont préjudiciables aux consommateurs et aux professionnels qui respectent les règles du jeu et qui peuvent se trouver lésés », estime Ambroise Pascal. Pour dissuader les récalcitrants à réitérer, la DGCCRF se montre d’ailleurs plus sévère : « La tendance, c’est un peu moins de pédagogie, un peu plus d’injonctions de mise en conformité », explique Ambroise Pascal.