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  • 2026-08-15 05:59:00 +0000 UTC

    Aug 15, 2026

    Concepteur d’attractions depuis 20 ans, Benoît nous dévoile l’envers du décor - RTBF Actus

    Six ans pour donner vie à une idée

    C’est à Walibi, devant Popcorn Revenge, l’une des attractions qu’il a contribué à concevoir, que nous le rencontrons. Pour cette attraction en particulier, entre la première idée et l’attraction finale, six ans se sont écoulés. "Parce qu’il faut le temps que ça mûrisse. Il faut le temps de convaincre les gens, de s’assurer que le personnage a l’épaisseur, la richesse qui en fera une attraction pérenne", nous explique-t-il.

    Pour Benoît, il faut une histoire que l’on ne raconte pas entièrement et des personnages attachants. L’air de rien, c’est un travail énorme. "Par exemple, pour Phantasialand, en Allemagne, on avait imaginé toute l’histoire du chasseur de souris. On avait déterminé son âge, sa vie, de manière à pouvoir travailler avec le personnage et à lui faire dire des choses cohérentes", étaye-t-il.

    L’attraction Popcorn Revenge, à Walibi. ©BoldMove Nation, Popcorn Revenge

    De 2,5 à 10 millions d’euros par attraction

    Une attraction représente un investissement conséquent : au minimum plusieurs millions d’euros. "L’attraction la moins chère va tourner aux alentours de deux millions et demi d’euros. Les plus chères, ça peut monter… si on ne passe pas dans du Disney ou Universal, mais qu’on reste dans du raisonnable, on va arriver à huit ou dix millions."

    D’ailleurs, où et comment vend-on une attraction ? L’IAAPA, l’association internationale des parcs de loisirs et des attractions, organise chaque année des salons où les propriétaires de parcs à thème font leurs emplettes.

    "Soit on a des groupes qui font une analyse de marché, soit on a des gens pour qui, simplement, c’est le coup de cœur. C’est comme si on lâchait des enfants dans un magasin de jouets…", raconte Benoît.

    L’IAAPA, l’association internationale des parcs de loisirs et des attractions, organise chaque année des salons où les propriétaires de parcs à thème font leurs emplettes. © EVN IAAPA EXPO ASIA 2025

    On ne s’amuse pas de la même manière partout

    Derrière Benoît, un grand huit, le Cobra, s’est mis en marche. "Personnellement, je suis une poule mouillée, donc je n’ose pas, dit-il en regardant le train enchaîner les loopings. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt de voir des visages souriants ou des réactions un peu bizarres. Et ça, ça me suffit très largement", ajoute-t-il.

    Au cours de ses vingt ans de carrière, Benoît a pu observer des différences notables entre les publics selon les pays. "Le visiteur belge participe peu. Ce n’est pas évident de l’impliquer dans quelque chose. Il va très peu regarder et très peu s’intéresser. Donc, il faut travailler là-dessus pour se dire : quand est-ce qu’on va lui dire ce qu’il faut faire ? En France, ils aiment bien raconter. Ils aiment bien avoir des histoires charpentées. En Belgique, beaucoup moins. On a ce côté un petit peu : Pas grave si on n’a pas tout capté, on s’amuse quand même."

    L’attraction Maus au Chocolat, à Phantasialand, est également une création de Benoît et ses équipes. ©Phantasialand, Maus au chocolat

    Après vingt ans de métier, Benoît nous confie cependant ne pas encore avoir vécu le moment dont il rêve dans son métier : celui où les visiteurs sortiraient d’une attraction si surprenante et originale qu’ils ne parviendraient pas à comprendre exactement ce qu’ils viennent de vivre mais se diraient tout de même : "C’est un truc de fou."

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