Comment la guerre a créé une nouvelle classe moyenne russe
Analyse.
Dans les régions déshéritées de Russie, frappées de plein fouet par la désindustrialisation post-URSS, l’invasion de l’Ukraine a été un effet d’aubaine. Les ouvriers de l’armement ont vu leurs salaires exploser. Les soldats et leurs proches se sont enrichis comme jamais. Cette amélioration drastique des conditions de vie accroît le soutien au conflit, assurait en septembre 2025 “The Sunday Telegraph”, à Londres.
[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 20 septembre 2025 et republié le 6 octobre 2026]
La ville russe de Volgograd fut le théâtre de l’un des affrontements militaires les plus sanglants de l’histoire mondiale : la bataille de Stalingrad (du nom que portait la ville en 1943). Elle dura sept mois et fit un demi-million de morts côté soviétique. Plus de quatre-vingts ans plus tard, l’équivalent russe de Facebook est inondé de campagnes de recrutement du gouvernement appelant les hommes de Volgograd à s’engager dans l’armée et à combattre en Ukraine.
“Appel à tous les hommes de 18 à 63 ans, même porteurs de maladies (VIH, hépatite, etc.). Les personnes en liberté conditionnelle et les détenus sont aussi acceptés”, peut-on lire sur une annonce publiée sur Vkontakte – ou VK. Avoir les pieds plats, un handicap intellectuel ou être étranger n’est pas non plus un problème.
Et vous pouvez toucher le jackpot. Un post annonce 8 millions de roubles [environ 85 000 euros] pour la première année – soit plus de dix fois le salaire annuel moyen dans la région en 2024 [7 500 euros]. Ces soldes mirobolantes expliquent en partie comment l’économie de guerre de la Russie a créé une nouvelle classe moyenne dans le pays.
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Source de l’article
The Sunday Telegraph (Londres)
Créé en 1961, le titre est la version dominicale du grand quotidien conservateur The Daily Telegraph. Il suit une ligne éditoriale similaire (The Sunday Telegraph partage d’ailleurs le même site que The Daily Telegraph), atlantiste et eurosceptique, résolument engagé contre tout rapprochement du Royaume-Uni avec l’Union européenne depuis le Brexit. Dans le cadre de la guerre en Ukraine, cet hebdomadaire adopte une ligne particulièrement offensive vis-à-vis du Kremlin. Depuis début 2026, The Sunday Telegraph et The Daily Telegraph appartiennent au groupe allemand Axel Springer, par ailleurs propriétaire de Die Welt, de Bild et de l’édition européenne du média Politico.
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