Colère des lycéens : slogans chocs, dérision, références, réseaux sociaux... 3 clés pour comprendre les codes de la Gen Z qui révolutionnent la contestation
l'essentiel Entre drapeaux en référence au manga *One Piece*, détournements humoristiques et slogans percutants, le mouvement lycéen qui agite la France redéfinit les codes de la contestation. Mais derrière la dérision et l'omniprésence des réseaux sociaux se cache une mobilisation bien politique.
Le mouvement lycéen qui secoue la France depuis plusieurs jours est devenu celui de la génération Z, dite "Gen Z" (ensemble des personnes nées entre 1997 et 2012), même s'il a notamment été rejoint par les étudiants du supérieur.
À lire aussi : VIDEO. Blocage des lycées : "Je suis lycéen, bien évidemment que..."
La dérision comme langage politique
Trois références sont déjà connues par le grand public. En tête d'affiche, le drapeau au chapeau de paille, emprunté au manga One Piece, étendard commun des révoltes de la Gen Z à travers la planète. Ensuite, propre au mouvement français, le morceau No Title de Nodey est devenu la bande-son des blocus. Et l'inévitable "Bismillah c'est les ténèbres", slogan tiré d’une capture d’écran vue plus de 500 000 fois sur X.
Ce slogan résume bien la démarche. Une tentative d’infiltration ratée, attribuée à un compte géré par les forces de l'ordre. Reprenant des stéréotypes sur les jeunes et les quartiers populaires, ce procédé n’est pas nouveau. Des messages du même genre avaient déjà circulé auparavant. Mais, cette fois, il est aussitôt tourné en dérision avant de devenir l'un des symboles du mouvement, vu en masse lors des manifestations.
À lire aussi : Colère des lycéens : 100 000 publications, 600 000 écoutes... comment un morceau vieux de 11 ans est devenu l’hymne de la Gen Z
De la pop culture à Rimbaud : des pancartes aux inspirations diverses
Les pancartes brandies en manifestation sont aussi la preuve d'une certaine créativité. On y retrouve des inspirations multiples, entre musique et politique. "Les jeunes veulent un BBL : Bonheur, Bien-être, Liberté" inspiré du morceau Kongolese sous BBL de Theodora, phénomène de la pop, et parmi les artistes les plus écoutés de la Gen Z.
À lire aussi : Blocage des lycées : "J’aimerais trop" manifester avec vous... Victor Wembanyama adresse son soutien aux lycéens de France et dénonce des "inégalités systémiques"
Des pancartes affichent des slogans inspirés de la littérature comme : "Rimbaud nous l’a montré, être jeune c’est se révolter". Une référence au poète, dénonciateur dans son œuvre dès le plus jeune âge, prévu au programme scolaire des auteurs de ces pancartes.
Mais un thème revient plus que les autres : la violence de la réponse policière. Et notamment de la brigade anti-criminalité (BAC) : "0 sur 20 pour la BAC, trop de fautes de frappe", ou encore "La police nous protège, ça crève les yeux". Même si beaucoup des revendications de ce mouvement de la Gen Z sont faites sur le ton de l’humour, elles n’en sont pas moins politiques.
À lire aussi : Blocage des lycées : "La jeunesse emmerde Parcoursup..." pourquoi la plateforme d'orientation cristallise la colère des lycéens
Snapchat et les réseaux sociaux : filmer pour avoir le contrôle
Ayant grandi avec les réseaux sociaux, cette génération n’a plus besoin d’intermédiaires pour témoigner de ce qu’elle vit. Les scènes auxquelles elle assiste sont filmées puis diffusées en ligne, notamment sur Snapchat, très populaire auprès des lycéens français. L’application se prête particulièrement aux vidéos prises sur le vif, qu’il s’agisse de documenter une interpellation ou de filmer des lycéens déguisés en Batman ou en Spiderman, régulièrement aperçus lors des blocus.