Cisjordanie. Airbnb, Booking, Egis... 214 entreprises sont en lien avec les colonies israéliennes, selon l'ONU
L'ONU a publié ce vendredi une mise à jour de sa liste recensant les entreprises en lien avec les colonies israéliennes, considérées comme illégales au regard du droit international, comptant désormais 214 sociétés, la plupart israéliennes.
Airbnb, Booking, Expedia, Motorola et Trip Advisor continuent de figurer sur cette base de données établie par le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Cette liste, non exhaustive, est contestée par Israël.
Par rapport à l'an dernier, 61 entreprises ont été ajoutées. Cinq ont été retirées, une israélienne, deux espagnoles, une canadienne et une portugaise. Deux entreprises françaises y figurent, les mêmes que l'an dernier : Egis et sa filiale Egis Rail. « Ce rapport rappelle une fois de plus aux entreprises qu'elles ont des responsabilités en matière de droits de l'homme », a déclaré le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, cité dans un communiqué. Il leur rappelle « qu'elles sont tenues de faire preuve de diligence raisonnable pour s'assurer qu'elles ne sont pas impliquées dans des violations ou atteintes aux droits de l'homme », a-t-il ajouté.
La plupart des entreprises répertoriées sont basées en Israël. Les autres ont leur siège aux États-Unis, dans plusieurs pays européens, ainsi qu'au Mexique et en Afrique du Sud (une dans chacun de ces deux pays), et deux en Chine. C'est en 2020 que cette liste avait pour la première fois été publiée. Elle faisait suite à une résolution du Conseil des droits de l'homme de 2016 demandant l'établissement d'« une base de données de toutes les entreprises impliquée dans les activités » liées notamment à la construction et au développement des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. La liste avait déjà été actualisée en 2023 et 2025.
« Un outil politique », selon Israël
La Représentation d'Israël auprès de l'ONU à Genève a dénoncé vendredi dans un communiqué la base de données, affirmant que ce « mécanisme [...] a été établi dans le seul but de persécuter l'État juif et n'a aucun équivalent dans le monde ». C'est « un outil politique utilisé par le Haut-Commissariat pour mener une campagne de dénigrement contre des entreprises qui n'ont commis aucun acte répréhensible ».
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967, où plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies aux côtés de quelque trois millions de Palestiniens. Cette occupation est considérée comme illégale par les Nations unies. Le Haut-Commissariat avait précisé en 2020 que cette liste « ne constitue pas, et n'entend pas constituer, un processus judiciaire ou quasi-judiciaire », en référence implicite aux craintes israéliennes de la voir servir de base à des campagnes de boycott.
À la suite d'un appel à contributions en 2024, le Haut-Commissariat a reçu des informations sur 596 entreprises. Après en avoir examiné 215 dans son précédent rapport, il en a évalué 126 supplémentaires dans cette mise à jour et poursuit l'examen des entreprises restantes. Cette année, la mise à jour précise pour la première fois le niveau d'implication des entreprises dans les atteintes au droit des Palestiniens à l'autodétermination. Aucune n'a été classée dans la catégorie la plus grave, celle dite de « causalité ». En revanche, 200 entreprises ont été classées dans la catégorie « contribution », ce qui signifie que leurs activités, combinées à celles d'autres acteurs, contribuent à ces atteintes. Par ailleurs 14 autres sont considérées comme « directement liées » à ces atteintes par leurs activités, produits ou services.