Chute d'une pierre à l'église Saint-Joseph: la Ville de Namur porte l'affaire en justice

En octobre dernier, un bloc de pierre d'une trentaine de kilos s'est décroché de la voûte de l'église Saint-Joseph, rue de Fer. Par chance, l'incident n'a fait aucun blessé. Depuis lors, une partie de l'édifice reste inaccessible.

"Après des études réalisées par un bureau mandaté par la fabrique d'église, nous avons pu rouvrir la partie avant, où s'organise le culte", explique Tanguy Auspert (Les Engagés), échevin en charge du Patrimoine.

Au-delà de l'analyse de la stabilité de l'édifice, le bureau a également posé un diagnostic sur les causes possibles de la chute de ce bloc. "Rapidement, il s'est penché sur les points d'appui qui avaient été pris dans le cadre de travaux", poursuit l'échevin.

En effet, il y a une dizaine d'années, l'édifice religieux avait fait l'objet d'importants travaux de rénovation, menés en deux temps. Un premier chantier avait porté sur le dôme. Deux ans plus tard, des travaux avaient concerné la couverture de la charpente et de la façade. Dans les deux cas, un bureau d'ingénieurs et une entreprise étaient intervenus. L'un de ces quatre acteurs pourrait-il être à l'origine du problème rencontré aujourd'hui ?

La question mérite d'être posée, selon la Ville. Celle-ci a dès lors décidé d'intenter une action en justice, comme l'a rapporté La Meuse. Une information que confirme Tanguy Auspert.

À travers cette procédure, le collège espère qu'un expert indépendant pourra déterminer d'éventuelles responsabilités dans ce dossier où les travaux de réfection s'annoncent onéreux."Il faut savoir que les travaux ne vont pas simplement se limiter à remettre le morceau de pierre tombé. On doit revérifier la stabilité de la croisée et des deux voûtes. Il faudra probablement intervenir par le dessus de la voûte et vérifier sa solidité par le bas", précise Tanguy Auspert. Des interventions complexes, qui nécessiteront, inévitablement, de refaire plafonnage et peintures. La Ville de Namur a d'ores et déjà demandé aux acteurs concernés d'activer leurs assurances. "Trois d'entre eux nous ont répondu l'avoir fait. Nous n'avons pas eu de retour du dernier."

Procédure d'urgence

La première audience devant le tribunal est fixée au mardi 1er septembre. Hasard du calendrier, cette date correspond également à la prochaine séance du conseil communal, au cours de laquelle les élus prendront connaissance de l'action en justice intentée par le collège.

"Normalement, ce genre de décision revient au conseil communal, explique Tanguy Auspert. Ici, nous avons dû agir dans l'urgence, car nous étions proches de la fin de la garantie décennale. Nous devions poser l'acte avant septembre. Or, il n'y a pas de conseil communal en juillet et en août."

Si la première audience est désormais toute proche, l'issue du dossier, elle, risque de se faire attendre. Dans ce type de procédure, les différentes parties peuvent notamment solliciter des contre-expertises. L'ouverture partielle de l'église Saint-Joseph pourrait dès lors se prolonger.

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