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  • 2026-08-01 05:01:04 +0000 UTC

    Aug 01, 2026

    Christopher, décédé à 39 ans dans un centre d’hébergement de Montpellier après une tentative de suicide : sa famille et ses amis dénoncent une absence de prise en charge

    Christopher, personne sans domicile fixe hébergé au centre d’hébergement Regain à Montpellier est décédé le 11 juillet, à l’âge de 39 ans, après avoir tenté de mettre fin à ses jours par la prise de médicaments. Sa famille et ses amis, notamment celle qui a donné l’alerte dans la nuit précédente, dénoncent l’inaction des secours, pompiers et Samu. Une plainte a été déposée.

    Son visage, sa personnalité, marquaient le monde de la rue. Sa disparition brutale a constitué un choc à la mesure de cette empreinte. Le samedi 11 juillet, en fin d’après-midi, le décès de Christopher, dit Chris, âgé de 39 ans, a été constaté par un médecin légiste appelé au centre d’hébergement Regain où il était hébergé depuis environ deux ans.

    Mort le lendemain

    La veille au soir, cet homme solide avait tenté de mettre fin à ses jours, absorbant une quantité importante de médicaments, des comprimés de Lamaline, de la méthadone et du Diazépam.

    Malgré les alertes successives aux services de secours, la présence sur place d’une infirmière du centre, Christopher est décédé sans avoir fait l’objet d’une prise en charge. Cette inaction provoque aujourd’hui la colère de sa famille et de ses proches, parmi lesquels, Lola, également hébergée au centre et présente dans la nuit et la matinée, auprès de son ami.

    "Le vendredi on a discuté jusqu’à trois heures et demie du matin. On a réussi avec mon copain à lui faire baisser la tension. On est allé se coucher. À 9 h le lendemain, j’ai voulu le réveiller mais il était chaud. À 15 h il a commencé à saigner du nez", témoigne la jeune femme. Le décès est intervenu quelques moments plus tard. Pour Lola, une intervention sur place des services de secours aurait permis d’éviter le drame. "Il aurait dû être placé en observation", estime-t-elle.

    Une "analyse interne" au Samu

    Sollicité, le CHU, dont dépend le Samu a indiqué qu’il "ne souhaite pas commenter ce dossier, qui fait actuellement l’objet d’une analyse interne." L’hôpital ajoute qu’un "retour sera apporté à la famille. Nos pensées vont en premier lieu aux proches concernés par cette situation."

    Également mis en cause par les amis et la famille de Christopher, le service départemental d’incendie et de secours n’a pas répondu à notre demande d’explications, pas plus que la direction du foyer Regain.

    Chaîne de défaillances ?

    Rapidement alertée compte tenu de l’état d’excitation du résident, l’infirmière de permanence du CHRS a d’abord appelé les services du commissariat qui l’ont orientée vers les pompiers. Selon Lola, présente lors de l’appel au service départemental d’incendie et de secours "les pompiers ont dit qu’ils n’intervenaient pas pour une tentative de suicide".

    Une explication jugée d’autant plus insuffisante que la caserne de La Paillade est située à une centaine de mètres du CHRS. "On a ensuite eu le 15, le Samu. On nous a demandé les dosages des médicaments pris et ils ont conclu qu’ils n’étaient pas mortels", ajoute Lola. La jeune femme reproche aussi à l’infirmière du centre, qui effectuait sa première permanence, de n’avoir pas prescrit immédiatement de la Naloxone pour effectuer un lavage d’estomac.

    Plainte et hommage

    Immédiatement après le décès de Christopher, sa sœur Laura, installée dans les Pyrénées-Orientales, a alerté les services du procureur de Montpellier et engagé les démarches pour obtenir les enregistrements des appels passés lors de cette nuit. "Je veux connaître les circonstances de son décès. S’il y a eu des défaillances au niveau des secours, les responsables doivent être déterminés", expliquait-elle avant les obsèques intervenues la semaine dernière. Une plainte a également été déposée. "On veut tout mettre au clair" ajoute Lola, en colère après ce qu’elle considère comme une chaîne de défaillances.

    L’annonce du décès de Christopher et ses circonstances ont provoqué de nombreuses réactions dans le milieu associatif qui intervient auprès des personnes sans-abri. "Chris, c’était un soleil. Toujours le petit mot, le sourire, la vanne. Et en même temps la pensée, philosophie du quotidien, qui frappe", écrit ainsi Entraide SDF sur les réseaux sociaux. Une manifestation en son hommage dans le centre de Montpellier est envisagée pour la rentrée.

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