Chine. Un potentiel énorme pour l'énergie de demain : de l'hydrogène naturel d'une pureté record détecté dans le bassin du Sichuan

Notre univers regorge d'hydrogène naturel. C'est le composant essentiel de notre soleil, de Jupiter, de Saturne, et de la plupart des étoiles. Sur Terre, on le pensait beaucoup plus « marginal ». Présent dans la croûte terrestre, certes, mais inexploitable pour l'industrie énergétique. Pourtant, les choses ont changé.

Cette fuite de gaz repérée, en juin dernier, dans le bassin du Sichuan, au sud de la ville de Chengdu, en est le dernier exemple. La jugeant anormale, des scientifiques ont procédé à des prélèvements. Et ces derniers ont été plein de surprise : ils ont révélé une pureté d'hydrogène comprise entre 97,33 et 98,24%, peut-on lire dans Interesting Engineering. Un taux record dans l'Empire du milieu, voire même dans le monde.

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 Restait à en connaître la provenance. Pendant longtemps, les géologues assuraient que les molécules d'hydrogène étaient trop petites et légères pour être stockées en sous-sol. Les chercheurs ont donc poussé les analyses. Là encore, ils ont été étonnés.

Le gaz pourrait bien être le fruit d'un phénomène géologique opéré dans les entrailles de la Terre.

Un générateur souterrain formé par des roches anciennes

La situation géographique de la fuite le confirme. Elle a en effet été détectée près de la ceinture ophiolite de Shimian-Miaowan. Or, cette ancienne zone d'affrontement de plaques est constituée de formations volcaniques et de roches tout aussi anciennes, comme la péridotite serpentinisée ou le porphyre diabasique permien.

L'une d'elle agirait comme un générateur souterrain d'hydrogène en continu. Une fois libéré, le gaz remonterait rapidement à la surface le long des failles locales. 

Un filon prometteur pour la Chine

Le gaz y serait donc, en théorie, exploitable. C'est pain bénit pour la Chine qui espère bien profiter du filon. Car si les campagnes d'exploration se multiplient à travers la planète, notamment en Australie et aux Etats-Unis (plus modestement en France), seul le site de Bourakébougou, au Mali, produit 1 400 m3 d'hydrogène natif par jour avec une concentration allant de 97,40 à 98%. La découverte chinoise laisse espérer que d'autres parties du monde pourraient renfermer des gisements similaires.

Le potentiel est énorme. Les modèles estiment que les réserves d'hydrogène naturel s'élèveraient à 5 fois 106 mégatonnes. Si 2% seulement de ce volume étaient exploités, on pourrait produire deux fois plus d'énergie que l'ensemble des réserves prouvées de gaz naturel.

De l'énergie « verte »

Sur fond de bouleversement climatique, ce nouvel or blanc, inépuisable et non carboné, représente une véritable révolution verte en puissance. Mais, jusqu'à présent, 95% de l'hydrogène utilisé est extrait à l'aide de procédés mobilisant des énergies fossiles.

Ainsi, pour 60 millions de tonnes produites par an, 800 millions de tonnes de CO2 sont émises, soit l'équivalent de 18,5 années d'émissions de chauffage domestique en France. On est bien loin d'une énergie propre.