Chasse aux fuites d’eau potable : l’Agglomération d’Évreux teste le flair des chiens
Face à un réseau vieillissant et difficile à surveiller, l’Agglomération d’Évreux a expérimenté la détection canine pour identifier les fuites d’eau potable. Retour sur expérience et verdict.
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Dans l’agglomération d’Évreux, près d’un tiers de l’eau potable distribuée n’arrive pas jusqu’au consommateur. C’est ce que l’on appelle le taux de fuite.



La chasse aux fuites d’eau est un combat quotidien pour les agents du service des eaux de l’Agglomération Évreux Portes de Normandie. Un combat long et coûteux tant en termes de moyens que de personnels chargés de scruter près de 1 100 km de canalisations qui serpentent dans les 74 communes de l’agglo.
60 points de contrôle dans 10 communes
« La difficulté, c’est de détecter ces fuites sur un réseau vieillissant. Il y a certaines communes où on a du mal, car on n’a pas de point de contact, c’est-à-dire de point d’écoute où positionner des capteurs », reconnaît Malamine Bagayoko, responsable d’exploitation et performance des réseaux d’eau potable. Ces capteurs sont principalement utilisés la nuit lorsque la consommation d’eau est moins importante, afin de détecter des débits anormaux.
Pour aider les agents à repérer les fuites, l’Agglomération a mené une expérience originale en début d’année 2026 en faisant appel à des chiens. Pendant une semaine, en janvier, des binômes composés d’un maître de chien et d’un toutou ont sillonné plusieurs communes de l’agglomération.
Grâce à leur flair bien plus développé que celui d’un humain, les canidés sont en capacité de repérer l’odeur du chlore injecté dans l’eau pour la protéger de tout risque de contamination pendant son trajet entre l’usine de production et le robinet des consommateurs.
Nous avons listé les endroits où il fallait faire des recherches car on suspectait des fuites. Cela représentait 60 points de contrôle. »

« Nous avons listé les endroits où il fallait faire des recherches car on suspectait des fuites, décrypte Malamine Bagayoko. Cela représentait 60 points de contrôle dans une dizaine de communes. » Les opérations ont été menées à Huest, Fauville, Grossœuvre, Foucrainville, Mousseaux-Neuville, La Forêt-du-Parc, Jumelles, Breux-sur-Avre et Acon. « Ces secteurs présentent des configurations variées (urbaines, rurales et agricoles), avec une forte présence de réseaux en zones difficiles d’accès. »
Les chiens – malinois, bergers allemands, border, beagle ou encore épagneul – ont ainsi marché sur la longueur du réseau et permis de confirmer la présence de 13 fuites sur les 60 probables. L’une des plus importantes a été repérée à La Forêt-du-Parc sur une canalisation de 150 mm de diamètre au débit important. « Nous sommes rapidement intervenus pour réparer », souligne le technicien.
Des contrôles complémentaires
Pour les autres fuites, il a fallu attendre plusieurs semaines voire mois avant de pouvoir intervenir que ce soit pour les confirmer par les techniciens d’EPN, d’abord, puis les réparer. Les effectifs du pôle travaux étant déjà bien occupés. « Si la méthode permet une orientation rapide des recherches, elle nécessite systématiquement des contrôles complémentaires (écoutes, sondages, terrassements) pour confirmer les diagnostics, ce qui limite son autonomie opérationnelle », convient Sébastien Beaudrouet, directeur adjoint à la direction Cycle de l’eau et chef de service Exploitation Eau Potable.
Quatre zones sur les 60 pré-localisées n’ont toujours pas pu faire l’objet de terrassement, « en raison de la période d’hivernage et des contraintes agricoles. Ces interventions sont planifiées prochainement afin de finaliser les investigations », précise Malamine Bagayoko.
Il n’est pas encore certain que cette expérimentation de détection canine soit reconduite en 2027. Pour autant, d’autres moyens sont mis en œuvre pour lutter contre la déperdition d’eau potable dans le sol.
L’Agglomération va ainsi se doter d’un logiciel qui regroupera toutes les informations collectées par les différents débitmètres installés sur le réseau, permettant ainsi de connaître les secteurs où il y a le plus de fuites.
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