Cette famille de Haute-Loire ne va (presque) plus au supermarché
Chloé et Antoine, habitants de Haute-Loire, ne vont quasiment plus en supermarché depuis dix ans. Ils s'approvisionnent seulement au marché, chez des commerces bio ou auprès de producteurs locaux.
Publié le jeudi 23 juillet 2026 à 07:19
Quand Chloé ouvre les placards de sa cuisine, on n'y voit aucun emballage plastique. Il n'y a que de longs bocaux en verre avec du taboulé, des haricots blancs, des céréales, tout en vrac. Dans le frigo, les petits pois du jardin pour le repas du soir. Même dans la salle de bain, savons solides côtoient crèmes de producteurs locaux. Il y a dix ans, Chloé, enseignante, et son mari Antoine, fonctionnaire, ont décidé de changer de vie. Depuis, ils vivent quasiment sans mettre un pied en supermarché.
La famille qui vit en Haute-Loire ne s'approvisionne qu'au marché, dans de petits commerces bio ou directement auprès de producteurs. "Avant je ne me posais aucune question sur ce que je mangeais. Quand notre fils est né, je me suis demandé ce que je voulais lui faire manger", explique Chloé.
Le supermarché, c'est comme le métro
Pour eux, mieux manger passe par se priver des grandes surfaces. Chloé poursuit : "Les supermarchés, c'est la déconnexion entre la vie nécessaire à produire ce qu'on mange et nous. On achète les produits sous emballages, ça ressemble bien plus à un produit industriel qu'à un produit vivant." Depuis dix ans, la mère de famille a l'impression de s'être "rapprochée de la vie" et de se rendre compte davantage des aléas climatiques, par exemple.
Son mari, Antoine, ajoute : "Quand je vais au supermarché, j'ai l'impression d'être dans le métro. On optimise, on va le plus vite possible."
8 euros le kilo de pâtes
La famille s'approvisionne toutes les semaines à l'Amap, une association que l'on trouve partout en France et qui met en relation des consommateurs et des producteurs locaux. Ici, on y trouve des légumes, des pâtes, du poulet. Jean-Marc, lui, vend du lait et des faisselles : "Les produits sont commandés six mois à l'avance, donc il y a un côté sécurisant pour nous, producteurs."
Son litre de lait entier bio est affiché à 1,20 euro. À côté, les pâtes d'Elodie sont quand même à près de 8 euros le kilo. "On n'arrive pas à toucher toutes les clientèles, reconnaît la productrice, mais certaines familles commencent par prendre un seul paquet de pâtes pour faire le pas et s'aperçoivent qu'elles ont beaucoup moins d'achats superflus. L'aspect commercial de la grande surface donne envie de tout acheter et ici elles ont des aliments de meilleure qualité."
Moins de vacances
Sur la route du retour, Chloé regarde ses comptes : un budget de 300 euros par semaine à quatre est réservé aux courses. "On fait des choix, on part peut-être moins en vacances", confie-t-elle. Il faut aussi passer une partie de ses week-ends devant les plaques de cuisson. Chloé cuisine deux heures le samedi et deux ou trois heures le dimanche pour avoir de l'avance sur la semaine. Antoine s'occupe de tout le ménage pour permettre cette organisation.
Quand leur fille Gabrielle était petite, elle chantait dans la rue : "On ne va plus au supermarché !". Mais, désormais, l'adolescente de 13 ans a un peu changé d'avis : "Parfois j'ai envie de tester d'autres choses comme mes copines, partir plus loin, pour savoir ce que ça fait." Alors sans ses parents, elle va parfois se perdre dans les rayons d'un supermarché.
"On n'est pas extrémiste"
Gabrielle ne mange pas ses biscottes préférées à la maison, mais a le droit à un shampoing vendu en supermarché. La famille y va aussi pour les croquettes du chat car le chat les adore. "On n'est pas extrémiste, souligne sa mère, c'est important de ne pas être jusqu'au-boutiste parce que le but c'est pas de se torturer. Au contraire, il faut se faire plaisir."
Chloé apporte les petits pois carottes aux lardons à table. Ses enfants disent quand même être reconnaissants de bien manger. Gabrielle voudra sans doute aller au supermarché quand elle sera grande. Son frère, Guilhem, n'a pas du tout envie. Mais il part faire ses études en septembre et dans son petit logement étudiant, il va sûrement devoir s'y résoudre.