Championnats d’Europe de natation : "J’avais les fesses qui tombaient", Léon Marchand facile vainqueur de sa demi-finale du 200 m papillon
Le Toulousain, quadruple champion olympique, devrait décrocher son premier titre européen ce samedi 15 août.
Le grand champion se différencie par son travail au service d’un talent naturel. Il se mesure aussi à la maîtrise de son environnement, de ses émotions et de ses efforts.
Léon Marchand, de retour dans l’eau ce vendredi 14 août après trois jours à ruminer dans sa chambre d’hôtel, sait ménager sa monture le matin en séries, accélérer en fin d’après-midi lors des demi-finales et mettre les bouchées doubles le lendemain quand la médaille d’or est la seule qui vaille.
Parfois, la machine s’emballe malgré lui, les chevaux se déchaînent de manière inattendue. Le 30 juillet 2025, il avait ainsi affolé le chrono du 200 m 4 nages en pulvérisant le vieux record du monde de Ryan Lochte (2011) dès les demies.
Hier soir, sous les yeux de Laure Manaudou, l’autre icône de la natation française, il s’est rapproché des 1'50"34 du Hongrois Kristof Milak sur le 200 m papillon (1'53"45). Pas sûr que ce temps résiste encore longtemps. Les huit meilleurs Européens sur cette distance ont un dernier rendez-vous ce samedi soir. Et Léon Marchand part toujours à l’heure.
"Je voulais me tester en termes de douleur"
Passé en coup de vent devant les journalistes, le Toulousain, 24 ans, envisageait la suite comme un enfant devant les étals d’une confiserie. Avec envie. "Ce soir, c’était bien je me suis bien amusé. Hormis le dernier 50 m où ça pêche vraiment. J’avais les fesses qui tombaient et la tête qui se relevait plus que d’habitude. J’espère que j’aurais un peu plus d’énergie pour finir demain soir (samedi). Je n’ai pas encore retrouvé ma nage. J’ai manqué de relâchement. Je suis parti plus vite que d’habitude – sur les 100 premiers mètres il était en avance sur son record –, je voulais me tester en termes de douleur. Et que je vais essayer de faire en finale."
Toujours plus vite. On en oublierait presque son adducteur qui siffle, une préparation tronquée depuis les Championnats de France à Saint-Étienne fin juin, ces trois jours sans compétition, une éternité pour un nageur habitué à enchaîner les courses… Rappelez-vous Paris 2024.
Le grand champion sait aussi souffrir en silence. "Le mental, c’est 80 % de la victoire", répètent volontiers ceux qui côtoient ces athlètes d’exception. Quadruple champion olympique, septuple champion du monde, Léon Marchand attend toujours de gagner son premier titre continental. L’anomalie devrait être réparée en ouverture de la sixième journée de ces Championnats d’Europe.