« Cette caserne n’est pas un privilège, c’est une reconnaissance ! » : à Pégomas, on a posé la première pierre du centre intercommunal des pompiers de la Siagne, dont la livraison est prévue pour 2028
Sur le terrain, les camions rouges sont déjà là. Des engins d’intervention, alignés sur ce terrain de 4 000 m2 qui jouxte le grand stade de Pégomas, comme prêts à partir au feu. Mais leur stationnement, ce lundi 20 juillet 2026, est avant tout symbolique. Car il faudra patienter jusqu’en 2028 (si tout va bien) pour que les engins, les hommes et les femmes en uniformes prennent effectivement possession des lieux, dans le tout nouveau Centre intercommunal de secours et incendie de la vallée de la Siagne.
« Pas trop tôt », penseront sans doute les pompiers volontaires concernés, tant leurs conditions actuelles de travail, dans l’ancien entrepôt agricole voisin de Gamm Vert, sont à la limite de la salubrité.
Pour la pose officielle de la première pierre (du futur bâtiment), Florence Simon, maire de Pégomas, l’a d’ailleurs rappelé sans ambages : « Depuis 1988, les pompiers exercent leur mission dans une caserne qui n’en a que le nom. C’est un hangar, chaud en été, et froid en hiver, avec des algécos et plaques de ciment contenant de l’amiante, souligne l’édile, qui joindra la parole au geste puisqu’elle conviera l’assistance à se rendre sur site à l’issue de la cérémonie. Cela fait vingt ans qu’une nouvelle caserne leur était promise, de municipalité en municipalité, sans que jamais promesse ne soit tenue. »
Cette fois, ça y est. Après un premier courrier adressé à Charles-Ange Ginesy, président du département et du SDIS 06 en 2021 pour réclamer « une caserne moderne et décente », le vœu pieux est en passe d’être enfin exaucé. Notamment parce que la commune de Pégomas a accepté de céder son dernier terrain constructible pour l’euro symbolique, en faveur de ce projet qui profite aux trois voisines de la Siagne (Pégomas, Auribeau et La Roquette).
Un bâtiment de deux étages, confortable et fonctionnel
Le permis de construire est déjà affiché depuis un moment. Il prévoit environ 1 500 m2 d’emprise pour édifier ce centre intercommunal de secours incendie sur deux étages, composé d’un soubassement en béton (arrimé à des pieux sous quinze mètres de profondeur) et d’une structure en bois. Avec une aire de manœuvre et de lavage des véhicules à l’extérieur, des bureaux administratifs et locaux techniques (vestiaires, salle de décontamination…) au rez-de-chaussée, et des espaces de repos et d’activité (cuisine d’été, terrasses, réfectoire, salle de sport et chambres pour héberger 7 à 9 pompiers d’astreinte si besoin.)
« On a souhaité insérer au mieux ce centre au site environnant, tout en le rendant le plus fonctionnel possible, souligne l’architecte Jennifer Carré. Le béton structuré rappelle le mur qui longe le chemin de l’Écluse. C’est un concept bioclimatique, avec des poches et espaces traversants pour conserver la vue sur la partie arborée du paysage et faire circuler l’air au maximum. »
Pas inutile, alors que le parterre d’élus présents (1), tout comme l’assistance, transpirait à grosse goutte à l’heure des discours sous une chaleur caniculaire.
Un concept bioclimatique
Matériaux, isolation en fibre de bois, panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, mais aussi citerne de récupération de l’eau de pluie et système de recyclage de la chaleur des receveurs de douche complètent ce dispositif « green ».
Une caserne exemplaire en quelque sorte, que Florence Simon souhaite voir émerger de terre d’ici 2028. « Parce que cette caserne n’est pas un privilège, c’est une reconnaissance », a-t-elle conclu à l’adresse des pompiers présents. Ironie du sort, ces derniers étaient mobilisés quelques instants plus tard, à une dizaine de mètres à peine, sur l’incendie du restaurant l’Écluse. La preuve par l’urgence…
(1) Notamment Charles-Ange Ginesy président du Conseil départemental et du SDIS 06, Jérôme Viaud maire de Grasse et Président de l’Agglomération du pays Grassois, Clément Thiery maire de la Roquette ; Philippe Belletini deuxième adjoint au maire d’Auribeau Florent Rossi, les sénateurs Henri Leroy et Alexandra Borchio Fontimp, les conseillers départementaux David Konopnicki et Michèle Paganin.
sébastien Botella / Nice-matin
Plus de 1 000 interventions par an
Sous le commandement du capitaine Yann Demaria (par ailleurs directeur des services techniques de la commune, et dont le fils compte aussi parmi les effectifs en uniforme), les pompiers volontaires (à 100 %) de Pégomas ne chôment pas :
« En trente-huit ans, nous sommes passés de 50 à plus de 1000 interventions par an », indique Florence Simon, maire de Pégomas.
« L’argent n’est pas ce qui compte le plus »
De quoi justifier encore un peu plus cette nouvelle caserne intercommunale, car « en matière de secours, ce ne sont pas les limites communales qui importent, mais les besoins des habitants », souligne Jérôme Viaud, président de l’agglo.
Et si le budget nécessaire à la réalisation de ce centre n’a pas été dévoilé, Charles Ange Ginesy estime que « l’argent n’est pas ce qui compte le plus “, avant de rappeler combien les Alpes-Maritimes sont “un département à hauts risques”. Des risques de feu ou d’inondations, pris en compte avec 65 centres de secours répartis sur tout le 06, "un maillage important pour intervenir le plus rapidement possible. »